30 janvier 2016

En 2015, les pharmacies enregistrent un chiffre d’affaire en baisse. En effet, près de 63 % des officines régressent très significativement (- 4,29 %)*. Toutefois, et compte tenu de l’évolution de la structure du chiffre d’affaires de l’officine, celui-ci n’est plus un indicateur pertinent pour évaluer la bonne santé financière de la pharmacie. Il ne l’est d’ailleurs plus du tout depuis le 1 er janvier 2015, du fait des nouveaux modes de rémunération intégrant les honoraires de dispensation. Aujourd’hui, la rentabilité actuelle et future joue un rôle de plus en plus déterminant dans la valorisation du fonds de commerce repris. Ainsi, dorénavant les calculs des prix de cession s’établissent aussi en fonction du taux de marge et de l’excédent brut d’exploitation. Focus sur ces deux indicateurs pour vous aider à mieux les comprendre et les appréhender.

Interfimo

L’Excédent Brut d’Exploitation : clé de la sérénité de votre projet

L’Excédent Brut d’Exploitation (E.B.E.) est le ratio qui permet de mesurer la performance économique exacte d’une officine, et de définir, en clair, sa rentabilité.

En effet, il prend en compte toutes les charges inhérentes à l’activité proprement dite, exception faite, d’une part, des charges financières (liées directement à la «surface financière» du pharmacien ou à son ancienneté dans son installation), d’autre part, des dotations aux amortissements et aux provisions (dépendant des choix fiscaux et des décisions d’investissement du titulaire). Son montant constitue la ressource d’exploitation qui doit permettre de rémunérer le titulaire (impôt sur le revenu compris), de rembourser les emprunts engagés, de payer l’impôt d’activité, et enfin d’améliorer le cas échéant le niveau de trésorerie. C’est donc un indicateur de sérénité et de sécurité financière. En calculant l’E.B.E de la pharmacie ciblée (d’en soustraire la rémunération du pharmacien) vous permettra de connaître la capacité de remboursement.

Contrairement au chiffre d’affaire, l’E.B.E. a tendance à progresser de façon significative pour les officines. Cette évolution est étroitement liée à l’existence de prestations de services et aux marges arrières (remises commerciales). Il reste cependant à confirmer la pérennité de ces marges arrière et de l’impact qu’aurait leur diminution sur l’EBE de chaque officine.

Il est aujourd’hui clairement admis par l’ensemble des acteurs que l’approche de valorisation en multiple de l’EBE est plus pertinente et réaliste que celle qui consiste à l’exprimer en % du CA.

 

La marge : indicateur de référence

 Pour mesurer la rentabilité d’un projet, d’une entreprise, la marge brute est un indicateur de de mesure d’activité et de performance plus pertinent que le chiffre d’affaires. Le pharmacien titulaire doit aujourd’hui suivre de façon régulière l’évolution de sa marge en valeur et non son seul chiffre d’affaires. La marge correspond à la différence entre les ventes de produits dans la pharmacie et ses achats, et tient compte aussi des autres éléments de rémunération notamment la coopération commerciale et les rémunérations sur objectifs de santé publique (RSOSP) définies avec l’assurance maladie. Depuis le 1er janvier 2015, il faut bien sûr y intégrer les nouveaux honoraires de dispensation des médicaments remboursables.

 

*Source : « 2015 : la marge brute se stabilise » Le Quotidien du Pharmacien #229551 du 7 janvier 2016 (François Sabarly)

Catégories : Activité de l'officine, Vie du pharmacienPar Publié le : 30 janvier 20163 min de lecture

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