9 avril 2016

Nous voulions vous donner notre avis sur cette étude qui fait office de référence auprès des pharmaciens et des experts, acteurs de la transmission d’officine.

 

Ce qui ressort tout d’abord de cette étude est le consensus autour de la baisse des prix des officines qui était prévisible, quel que soit le ratio que l’on prenne pour référence.  Cela a déjà pour effet de fluidifier les mutations et de permettre des opérations qui peinaient à se concrétiser.

 

Le contexte favorise cette baisse : baisse des taux, abondance de pharmacies à reprendre ou restructurer… Cependant l’exercice du prévisionnel est encore fragile avec le changement du modèle de revenu de la pharmacie (et notre manque de recul sur l’exercice 2015) . C’est pourtant lui qui valide tout projet de reprise, ce qui naturellement rend le financement plus aléatoire.

La loi de santé 2016 permet l’intégration fiscale entre une SEL et sa holding en association. Nous avons maintenant de grandes attentes sur la simplification des dispositions qui régissent le transfert et le regroupement. Les SEL et SPFPL sont maintenant des outils avec lesquels la profession s’est familiarisée compte-tenu de l’intérêt  qu’elles représentent même si le processus d’installation est plus complexe sur les plans juridique et financier. Le CA des officines est stable. On saura mieux analyser l’impact réel sur la marge d’ici quelques mois, même si les premiers indicateurs semblent plaider pour une augmentation sensible de la marge brute. Cependant, il paraît évident que cette tendance n’est pas homogène en fonction des tailles et typologies d’exploitation. L’EBE semble avoir bénéficié des augmentations de marge par contre il est obéré par des charges sociales croissantes.

 

Il en résulte une stabilité des mutations, qui incluent les apports en société. Cet indicateur est biaisé car c’est souvent le titulaire en place qui se refinance ou qui capitalise à travers le rachat de son fonds par une SEL. La vente de parts prend bien sûr une place plus importante avec l’avènement de l’exploitation en SEL. Régionalement le grand ouest et la région parisienne semblent rester les marchés les plus dynamiques dans la mutation des pharmacies.

Le départ à la retraite représente une grande majorité de ces mutations et ce phénomène va s’amplifier significativement dans les 10 années à venir avec la sortie des papy boomers. C’est pour cela que l’anticipation est nécessaire pour réaliser toute transmission que ce soit à un confrère ou à un primo-accédant.

 

Les prix atterrissent donc vers un niveau historiquement bas, proche des 6,2 fois l’EBE, avec encore de grandes disparités régionales : le Nord-Ouest adopte des références de prix qui facilitent les mutations. Ils subsistent encore de grands écarts de prix : plus du quart des officines se négocie en dessous de 5 fois l’EBE. La corrélation entre prix et % du CA HT indique inéluctablement que plus l’officine est petite, plus le phénomène de baisse des prix s’accélère. Donc le « marché » des officines semblent définitivement se diviser en 2 catégories : les officines au CA supérieur à 1,5M€ qui ont la taille suffisante pour assumer leur rôle et celle de moins de 1,5M€ dont la transmission devra passer par une logique de restructuration, fusion, regroupement ou transfert.

 

L’étude d’Interfimo nous gratifie ensuite d’un sujet peu abordé : quelle stratégie adopter pour céder et quel levier pour s’installer. Détaillant d’abord le fait que l’exploitation d’officine en 2015 reste une activité extrêmement rentable avec des rendements sur le capital que l’on ne trouve pas ailleurs. Les montages juridiques permettent aujourd’hui une optimisation fiscale sous les effets de l’intégration SEL/SPFPL mais pose question sur l’avenir de la holding en fin de vie pour le cédant ou entre 2 acquisitions. Enfin les dispositifs concernant l’intégration de jeunes pharmaciens en manque de fonds propres sont aujourd’hui plus nombreux avec un financement progressif permis par l’entrée au capital d’une SEL. Mais cela ramène au sujet de la valorisation des parts sociales et du temps nécessaire à accéder à la propriété de la majorité des parts.

Cette étude est utile dans un contexte ou le cadre d’exploitation de l’officine est sous pression et offre une lisibilité nécessaire du marché. Elle permet de rappeler si nécessaire que le pourcentage du Chiffre d’affaires est moins pertinent qu’un rapport à la marge ou à l’EBE en matière de prix de fonds de commerce d’officine.

Catégories : Activité de l'officinePar Publié le : 09 avril 20164 min de lecture

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