Les médecines naturelles : une opportunité de développement pour la pharmacie

Alors qu’une certaine méfiance vis-à-vis du médicament tend à s’installer depuis plusieurs années, l’engouement pour les solutions naturelles s’amplifie et conduit de plus en plus de patients à adopter ces alternatives comme la phytothérapie, l’homéopathie, la gemmothérapie ou encore la nutrithérapie, l’oligothérapie… Quelques chiffres le prouvent :

  • un quart des Français déclare avoir recours aux médecines naturelles
  • 80% des patients se dirigent vers l’officine pour faire l’achat de solutions naturelles devant les magasins bio et la grande distribution
  • le marché des médecines naturelles enregistre une croissance de 4% en valeur

Pour l’officine, l’intérêt que représentent les médecines naturelles ne fait donc aucun doute surtout que pour ces patients le conseil du pharmacien oriente le choix de la solution naturelle de 50%, le médecin arrivant en 3ème position. Ainsi, certaines pharmacies feront le choix d’adopter ce segment naturel à 100%. En plus de développer une large gamme de solutions naturelles, elles intégreront aussi une empreinte végétale dans leur aménagement, introduiront des matériaux écologiques dans leur décor, diffuseront des huiles essentielles… Quelque soit votre implication et votre degrés de développement de ce segment, il est nécessaire d’avoir une équipe formée au conseil de ces médecines naturelles afin de proposer au patient la solution personnalisée en fonction de son trouble de santé et de ses antécédents.

Avenir de la pharmacie : cri d’alarme des pharmaciens !

Début du mois, les représentants* de la profession se sont rassemblés pour publier une tribune « Manifeste pour la Pharmacie Française » ayant pour objectif de présenter aux élus la situation économique catastrophique de l’officine. Ils demandent au gouvernement une réévaluation de leur rémunération et une « réforme » de leur métier. Avant mai 2017, les pharmacies ont rendez-vous avec l’Assurance maladie pour signer une nouvelle convention fixant leur rémunération et régissant leur installation pour cinq ans. Avant, cette date, les signataires souhaiteraient donc que le gouvernement s’engage à fixer un cadre économique clair.

En pratique, ce manifeste sera rapidement adressé au gouvernement et aux politiques. A partir de mi-juillet, il sera accompagné d’une campagne d’affichage dans les officines ayant pour objectif de sensibiliser le grand public dans le même sens. Par ailleurs, chaque pharmacien pourra prochainement déposer idées et propositions en ligne sur une plateforme dont l’élaboration est conduite par la FSPF.

* Fédération des syndicats pharmaceutiques de France (FSPF), Union nationale des pharmacies de France (UNPF), Union des syndicats de pharmaciens d’officine (USPO), Conseils centraux A (titulaires), D (adjoints) et E (outre-mer) de l’Ordre national des pharmaciens, Collectif national des groupements de pharmacies d’officine (CNGPO), Federgy (chambre syndicale des groupements et enseignes de pharmacies), Union des groupements de pharmaciens d’officine (UDGPO), Association nationale des étudiants en pharmacie de France (ANEPF) et Association de pharmacie rurale (APR).

 

Mise en place des honoraires, quel effet sur la rémunération des pharmaciens ?

Mise en place le 1er janvier 2015, l’accord qui prévoyait 0,80 centime d’honoraires de dispensation par boîte en 2015 et un euro en 2016, augmente les sommes perçues sur les médicaments les moins chers et l’abaisse sur les plus chers. Il était prévu que 37 % de la rémunération des pharmaciens proviendra d’honoraires de dispensation et, en 2016, c’est 47 % de leur rémunération qui aurait basculé. Aujourd’hui, plus d’1 ans après sa mise en vigueur, il n’y a pas vraiment eu de véritable révolution dans le rémunération des pharmaciens. Pourtant, selon Mathilde Lignot-Leloup, directrice déléguée à la Gestion et l’Organisation des soins à la CNAMTS (Caisse nationale de l’assurance maladie des travailleurs salariés), l’honoraire de dispensation est d’abord une réussite technique. Le constat économique est aussi positif selon elle « d’après les chiffres de IMS Health présentés le 30 mars dernier, l’introduction de l’honoraire a permis un gain net de 50 millions d’euros pour l’officine« . Et, vous, qu’en pensez-vous ? Avez-vous vu votre rémunération augmenter grâce à l’introduction d’honoraire ?

Démographie des pharmaciens : quel impact si vous prévoyez de vendre votre pharmacie d’ici 5 ans?

Comme chaque année, le Conseil National de l’Ordre des Pharmaciens (CNOP) publie son étude sur la démographie de la profession. Ce panorama révèle une progression du nombre de pharmaciens, toutes filières confondues, au 1er janvier 2016 : 74 754 contre 74 492 en 2014, soit + 0,35 % sachant que les officinaux représentent toujours les trois quarts de ces pharmaciens. Cependant, comme les années précédentes, l’Ordre constate qu’en fin d’études, 1 015 jeunes diplômés ne se sont pas inscrits en 2015.  Des jeunes diplômés qui se désintéressent de plus en plus de la filière officinale. En parallèle, cette étude note une augmentation significative des pharmaciens âgés de 66 ans et plus. En 10 ans, leur nombre a plus que doublé et les plus de 60 ans représentent dorénavant près de 11,5% de l’effectif total des pharmaciens. Un vieillissement de la population qui continuera d’augmenter fortement jusqu’en 2021 alors que seulement 30% des étudiants choisissent actuellement la filière officinale. Un constat qui risque de chambouler le marché de la transaction des pharmacies et de voir affluer un nombre important de pharmacies à vendre avec une pénurie d’acheteurs. D’où l’importance, très en amont, de bien préparer la vente de sa pharmacie et de la rendre attractive dans un contexte économique de plus en plus tendue.

Aide à l’embauche dans les pharmacies, mode d’emploi !

Jusqu’au 31 décembre 2016, les embauches de salarié rémunérés jusqu’à 1900€ brut mensuels bénéficient d’une prime trimestrielle de 500 € durant les 2 premières années du contrat, soit 4 000 € d’aides au total. A l’officine, les employés et les préparateurs des quatre premiers échelons en CDD ou en CDI sont concernés.

L’aide est versée à l’échéance de chaque période trimestrielle. Cette aide vaut également pour un travail à temps partiel. Le montant de l’aide est proratisé en fonction de la quantité de temps de travail du salarié et de la durée du contrat de travail. Cette aide est cumulable avec les autres dispositifs existants : réduction générale bas salaire, pacte de responsabilité et de solidarité, crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE). Pour pouvoir en bénéficier il faut remplir le formulaire Cerfa de demande de prise en charge, l’imprimer, le signer et le renvoyer. à l’Agence des services et de paiement (ASP) dont l’entreprise dépend(les coordonnées sont disponibles dans le formulaire de demande de prise en charge). Dans les trois mois suivant l’échéance de chaque trimestre, les entreprises sont ensuite invitées à saisir les états de présence de leurs salariés sur le portail Sylaé de l’ASP.

2016 : les 5 réformes de l’emploi pour les entreprises

Le 18 janvier 2016, François Hollande a détaillé son nouveau plan pour l’emploi. Cinq mesures concernent les entreprises :

  • Le CICE (Crédit d’Impôt Compétitivité Emploi) sera transformé en « baisse définitive des charges sociales » au delà de 2017.
  • Une prime d’embauche de 2 000 euros par an pour les entreprises de moins de 250 salariés a été annoncée à condition d’embaucher un jeune ou un demandeur d’emploi en CDI ou en CDD de plus de six mois pour un salaire allant jusqu’à 1,3 fois le SMIC. Ce dispositif est effectif à compter du 18 janvier pendant deux ans.
  • Une augmentation des contrats de professionnalisation (contrat en alternance), qui devraient passer à 50 000 bénéficiaires, contre 8 000 actuellement. Pour y parvenir, il est prévu que l’Etat apporte un soutien financier sur le modèle des emplois aidés.
  • Le plafonnement des indemnités supra-légales en cas de litiges prud’homaux a été confirmé par le président. A partir d’un barème, le montant sera calculé en fonction de l’ancienneté du salarié.
  • La future réforme du Code du Travail a également été abordée et offrira aux entreprises quelques assouplissements sur le temps de travail. Les futurs accords d’entreprises pourront ainsi fixer le nombre d’heures supplémentaires.

En cas de cession de la pharmacie, obligation d’informer les salariés

Après plusieurs modifications à la loi du 31 juillet 2014 concernant l’obligation d’informer les salariés en cas de cession ou de transmission d’une entreprise, la situation est aujourd’hui clarifiée. Dorénavant, en cas de vente de l’officine, les salariés doivent être informés 2 mois avant la réalisation de la cession afin de pouvoir éventuellement formuler une offre concurrente. Les opérations à titre gratuit (transmission successorale par exemple) ne sont plus concernées par cette obligation. Si le titulaire ne respecte pas cette obligation, il encourt une amende civile plafonnée à 2 % du prix de vente. Les salariés pourront, en cas de préjudice, obtenir des dommages-intérêts.

Cette mesure s’applique aux cessions conclues à partir du 1erjanvier 2016.

Ce décret permet d’encourager les propositions de reprise par les adjoints qui se positionne prioritairement à tout autre acheteur. Il faut néanmoins préciser que le cédant est totalement libre d’entrer ou non en négociation avec un ou plusieurs de ses salariés. L’adjoint qui souhaite racheter l’officine n’est donc pas prioritaire par rapport à un autre repreneur, il peut simplement signaler son intérêt de façon prioritaire.

 

Ce qui faut retenir des nouvelles mesures fiscales applicables en 2016

Les nouvelles mesures fiscales et sociales applicables en 2016 sont globalement favorables aux officines. Parmi ces mesures, deux ont retenu notre attention :

Les avantages réservés aux adhérents des organismes agréés (centres et associations).

Plusieurs avantages fiscaux liés à l’adhésion à un organisme de gestion agréé, dont la suppression était programmée pour 2016, sont finalement maintenus et, pour certains, aménagés :

  • Maintien de la déduction intégrale du salaire du conjoint sur le bénéfice imposable.

Rappelons que la limite de déduction du salaire du conjoint de l’exploitant non adhérent est relevée de 13 800 € à 17 500 € à compter du 1er janvier 2016.

  • La réduction d’impôt sur le revenu pour les frais de tenu de la comptabilité et d’adhésion à l’organisme agrée.

Pour les exercices ouverts à compter du 1er janvier 2016, la réduction d’impôt sera toutefois limitée aux deux tiers des dépenses exposées pour la tenue de la comptabilité et pour l’adhésion au centre ou à l’association. De plus, elle reste soumise à la double limite de 915 € par an et du montant de l’impôt sur le revenu dû pour une année donnée.

La réduction du délai de séquestre.

Auparavant, lorsqu’un pharmacien vendait son fonds de commerce, il lui fallait au moins cinq mois et demi pour qu’il puisse en percevoir le prix. Ce qui pouvait retarder nettement la réalisation de nouveaux projets d’investissement prévus par le vendeur. Ce problème était notamment problématique pour le pharmacien qui ne perçoit pas d’indemnités chômage lorsqu’il cesse son activité. Dorénavant, une nouvelle mesure est prévue : pour les cessions publiées à compter du 1er janvier, le délai maximum d’indisponibilité du prix de vente auprès du séquestre est abaissé de cinq mois (150 jours environ) à 105 jours.

Parce que c’est la fin de l’année… quelques brèves de comptoir juste pour rire

Voici les meilleures brèves de comptoir trouvées sur les sites www.medisite.fr et l’incontournable www.pharmechange.com qui est une mine d’informations :

« Avez-vous un truc pour les bouchons d’oreille, j’en ai marre de m’entendre parler ! »

« Depuis que j’ai accouché, j’ai le baby-glousse… »

« Mon fils est tombé de mobylette. Il a le bras pleins d’esquimaux. »

« Il fait chaud dans votre pharmacie, on se croirait dans un zona. »

Le client : « Donnez-moi des médicaments pour… euh… l’Eisenhower de ma femme. » Le pharmacien : « Attention, ça commence comme ça ! ».

La cliente : »Bonjour ! Avez vous du coton « hydraulique » ? »
Et je lui demande : « En bouteille ou en vrac ? »
La cliente : »Oh, donnez moi le en vrac !! »

L’ordre des pharmaciens : un silence synonyme de rejet mais qui ne veut pas forcément dire accord

Par simplification, la loi avait institué une règle en 2013 selon laquelle le silence de l’administration vaut accord. Par plusieurs décrets du 10 novembre 2015 publiés au journal diverses exceptions à ce principe ont été rajoutées concernant notamment les demandes envoyées à l’Ordre des pharmaciens. Ainsi, les demandes de relèvement d’une dé­ci­sion de ra­dia­tion du ta­bleau de l’Ordre des phar­ma­ciens seront consi­dé­rées comme re­je­tées à l’ex­pi­ra­tion d’un dé­lai de quatre mois de si­lence. Même chose pour la dé­li­vrance de la carte de pro­fes­sion­nel de santé (CPS), à l’is­sue de deux mois de si­lence. De même, à comp­ter du 1er sep­tembre 2016, ce sera également­ le cas de la dé­li­vrance du cer­ti­fi­cat at­tes­tant qu’un étu­diant qui res­pecte les condi­tions lui per­met­tant de rem­pla­cer un ti­tu­laire pen­dant un à quatre mois, sera re­fu­sée par le conseil ré­gio­nal de l’Ordre sans ré­ponse dans un dé­lai de deux mois. Des ex­cep­tions qui t jus­ti­fiées par « des mo­tifs de bonne ad­mi­nis­tra­tion » ou une in­com­pa­ti­bi­lité « avec le res­pect des en­ga­ge­ments […] eu­ro­péens ». Un silence éloquent qui permet à l’Ordre de ne pas se positionner clairement sur des cas précis et de se cacher derrière ces décrets !