Désertification médicale : comment faire face ?

La désertification médicale figure parmi les plus grandes inquiétudes des Français. Les pharmaciens, directement impactés par les départs et les non remplacements de médecins, ont tiré la sonnette d’alarme et sont souvent au premier rang pour tenter de trouver des solutions localement, comme en témoigne le pharmacien que nous avons interrogé pour cette nouvelle newsletter.

Du côté des pouvoirs publics, après l’annonce, en décembre dernier, par Marisol Touraine, ministre de la Santé, d’un plan de 12 mesures incitatives , le Sénat a publié en février dernier un rapport sur la présence médicale sur le territoire. Paradoxe souligné par ce rapport : l’inégalité des Français face à l’accès aux soins se creuse et certaines régions manquent tellement de médecins qu’elles portent bien ce nom de «déserts médicaux ». Et ce, alors que la demande de soins augmente globalement, vieillissement de la population oblige.

Or les médecins n’ont jamais été aussi nombreux depuis 1980 !

La France ne se situe d’ailleurs pas si mal dans le classement des 34 pays de l’OCDE pour la densité médicale, puisque notre pays occupe la 14ème place (1). Il reste que les projections pour les dix prochaines années sont implacablement pessimistes…

Comment corriger les effets de cette pénurie de médecins, aujourd’hui plus ou moins durement ressentie selon les zones du territoire, mais qui va malheureusement s’aggraver ? Comment les encourager à s’installer dans les zones les plus prioritaires ? Et puis, si l’incitation demeure sans effet… faut-il les contraindre ? Dans son rapport, le Sénat dresse très clairement un constat d’échec des mesures incitatives déjà prises et ouvre la voie à une future règlementation de la profession dans sa toute dernière proposition, qui vise à « informer » les actuels étudiants en médecine de l’éventualité d’une « obligation de quelques années d’exercice en zone sous-dotée en début de carrière » pour les médecins généralistes. Quel avenir politique peut-on prédire à ce type de mesure ?!

Restons positifs ! Certains maires pionniers réussissent à trouver des solutions visiblement satisfaisantes pour tous… Les pharmacies, quant à elles, devront développer d’autres ressources pour compenser la perte de chiffre liée à la disparition des médecins et donc offrir services et prestations supplémentaires. Nous ferons d’ailleurs le point sur ces nouvelles missions dans une prochaine newsletter !

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