Ordonnance sur les transferts de pharmacies

D’après le Moniteur des Pharmaciens,  le gouvernement aurait très peu amendé la dernière version de l’ordonnance sur le réseau en comparaison de la version transmise au ministère de la Santé concernant les règles d’installation, de transfert et de regroupement des officines. Le texte permettrait le transfert d’une officine au sein d’un même quartier de manière systématique, cependant l’ARS devra définir au mieux cette notion pour qu’elle ne prête pas le flan à des recours tels qu’ils existent aujourd’hui. Le regroupement de plusieurs pharmacies sera également facilité et rendu possible en tout point du territoire s’il respecte toutefois les quorums de création ou d’installation additionnel suivant la population d’une même commune.

Carine Wolf-Thal, présidente de l’Ordre National des Pharmaciens, a évoqué  le sujet lors de la 30e Journée National de l’instance. Ainsi, elle a insisté sur le caractère urgent de la publication de l’ordonnance et la nécessité d’aboutir à un « consensus plus en adéquation avec notre temps« .
Également interrogée , la ministre de la Santé Agnès Buzyn a confirmé que le texte devrait être validé et publié avant la fin 2017. Il devrait introduire une notion d’aide au plus petite structure pour maintenir le maillage officinale.
Sources :

http://www.lemoniteurdespharmacies.fr/actu/actualites/actus-socio-professionnelles/installation-transferts-et-regroupements-les-dispositions-sur-le-capital-des-officines-exclues-de-l-ordonnance-reseau.html

http://www.lemoniteurdespharmacies.fr/actu/actualites/actus-socio-professionnelles/ordonnance-reseau-et-code-de-deontologie-agnes-buzyn-annonce-leur-prochain-aboutissement.html

Pharmacien de référence : pour quel patient ? Dans quel but ?

Depuis le 1er octobre 2017, certains patients bénéficient d’un nouveau service gratuit : le choix d’un pharmacien référent. Le but étant d’optimiser sa prise de médicament.

Qui est concerné ?

Ce service s’adresse à une large cible, à savoir tous les patients chroniques. Précisément, tout patient ambulant à qui cinq médicaments remboursés ont été délivrés dans la même officine au cours de l’année écoulée, dont au moins un médicament chronique. Les patients prioritaires étant les polymédiqués, qui ne s’y retrouvent pas très bien dans tous leurs médicaments.

Comment procéder ?

Le choix du pharmacien de référence est officialisé par une convention que le patient ne signe qu’une seule fois. Cette convention peut être renouvelée tacitement à vie, sur la base de cette même signature.

Quelles sont les missions du pharmacien référent ?

Le pharmacien référent suit et accompagne son patient dans la prise de ses médicaments. Il tient à jour le schéma de médication de son patient et le rend accessible à l’équipe soignante (le médecin généraliste en premier lieu) et au patient lui-même.

Quelle rémunération ?

Le pharmacien de référence est rémunéré par un honoraire forfaitaire annuel. Cet honoraire est versé à la pharmacie dans laquelle le pharmacien exerce. Pour 2018, le montant de ces prestations est de 31,80€ par patient.

Sources :

https://www.rtbf.be/info/belgique/detail_un-pharmacien-de-reference-pour-un-meilleur-suivi-des-patients-chroniques?id=9726917

http://www.appl.be/Upload/Pharmacien_de_Reference.pdf

Annonces Pharexcel

Recherche porteurs de projet pour la reprise :

  • 86 : pour 1 diplôme / association à 50% dans une officine 2,4M€ CA, zone rurale, projet de transfert à réaliser, apport 150k€ souhaité.
  • 86 : pour 1 diplôme / 1 officine au CA de 1,1M€ proche capitale régionale, commune en expansion, 120k€ nécessaire.
  • 47 : pour 1 diplôme ou 2 diplômes conjoints / 1 officine au CA de 2M€, zone rurale, apport 250k€ souhaité (moins avec investisseur).
  • 47 : pour 1 ou 2 diplomes / pharmacie sur axe, 1,6M€ de CA avec murs à vendre, 200k€ apport nécessaire.
  • 82 : pour 1 ou 2 diplômes / 1 officine de ville, CA 2M€, réorganisation à mener, prix bas, 300k€ d’apport souhaité.

 

Recherche pour acquéreurs :

une officine sur le 49 sud pour 1ère installation CA 1,3-1,5M€

  • une officine sur le 56 pour 2ème installation CA 2-3M€ avec association possible
  • une officine sur le 31 pour 2ème installation CA >2,5M€ CA
  • une officine sur le 31 pour une 1ère installation CA> 1,2M€ ou association dans une structure plus importante.
  • Une officine sur le 35-53 pour 2 pharmaciens en première installation, CA>1,6M€

 

INTERVIEW : Madame Guanaëlle Blasac – Pharmacien

Madame BLAZAC, pharmacien co-titulaire de la Pharmacie de l’Espace Lyautey associée à Châtellerault, a fait l’acquisition de l’officine de son employeur avec l’autre assistante de l’officine en juillet 2016.

  1. Le contexte 

Personnellement devenir Titulaire est la finalité de mes études et de mon diplôme, mon rêve et mon but étaient de m’installer.

Le départ en retraite de mon ancien patron a été une très belle opportunité après avoir acquis mon expérience en milieu rural, urbain et parapharmacie de grande distribution. J’avais fait le tour et je me sentais prête pour une installation.

 

  1. Impact de la reprise de mon ancien patron

Le fait de reprendre l’activité de mon ancien patron a été pour lui comme pour nous la plus belle opportunité. Pour lui de laisser son affaire qu’il a chéri toute sa vie à ses deux assistantes et pour nous une connaissance de l’outil, du personnel ( même si cela reste compliqué de passer du statut collègue à titulaire, la discussion et l’écoute restent la clé de la réussite) et de la clientèle. La passation s’est faite en

douceur et sans crainte.

 

  1. L’accompagnement Pharexcel

Quand j’ai pris connaissance que mon titulaire avait mis en vente son officine, je lui ai fait part de mon souhait de m’installer. Nous en avons longuement discuté et étudié  divers possibilités.

Mon associée ne souhaitant pas s’installer au départ, mon titulaire m’a présenté l’agence Pharexcel et Mr Garnier qui a étudié minutieusement le projet et recruté une tiers personne au profil adéquat pour une éventuelle association.

Ce projet a finalement avorté, l’avancement du projet a permis de convaincre mon associée de s’installer en association.

L’accompagnement de Pharexcel a été complet de A à Z, du prévisionnel au

montage financier en passant par les études de marché, les démarches administratives et juridiques avec pour notre région le premier montage

d’une société financière SPFPL « holding ».

 

  1. Un an après…

En quelques mots, nous avons un bilan positif et une immense satisfaction aussi bien personnelle que professionnelle et surtout aucun regret.

Les prévisionnels étaient très précis et bien fondés, car nous sommes parvenus à les honorer et même les dépasser. Ce qui est très positif, car nous craignons toujours des prévisionnels « gonflés » et non atteignables, ce qui n’a pas été du tout le cas du travail de Pharexcel.

 

  1. Avec du recul, referiez-vous un tel projet ?

Oui oui et encore oui…

Je referai exactement le même projet avec le même accompagnement. Nous avons pu grâce aux services de Pharexcel bénéficier d’une entière confiance mutuelle ( même pendant les phases de doutes car il y en a forcément ), des conseils et des explications adaptés à notre compréhension et d’une écoute et disponibilité irréprochables.

 

  1. Les conseils 

Certes l’engagement d’une agence de transaction a un coût qu’il faut prendre en considération, mais le bénéfice et l’accompagnement valent vraiment cet investissement.

C’est une sécurité, une garantie et surtout un suivi concret et précis durant toute la première année d’exercice.

Si nous nécessitons de nouveau un accompagnement de projet, je ferai sans

aucun doute appel au professionnalisme de Pharexcel.

 

DÉLIVRANCE DES MÉDICAMENTS Quels médicaments peut-on acheter sur internet ?

Alors que la justice vient d’accorder à Doctipharma le droit de vendre des OTCs estimant que le site offre une «solution technique» à quelques 500 pharmaciens, nous revenons sur le fonctionnement de la vente en ligne et ses avantages.

 

Selon un sondage Odoxa d’octobre 2017 pour l’OCP (Office Commercial Pharmaceutique), 59% des français souhaiteraient commander leurs médicaments sur internet.

En France, depuis fin 2012, il est possible d’acheter ses médicaments en ligne.

 

Comment ça fonctionne ?

– La pharmacie en ligne doit être reliée à une pharmacie physique ayant obtenu l’accord de l’ARS en question (Agence Régionale de Santé). Aujourd’hui, plus de 450 pharmacies sont reconnues en France et répertoriées sur le site de l’ordre des pharmaciens : :  http://www.ordre.pharmacien.fr/ecommerce/search

En Europe, les pharmacies en ligne fiables arborent le logo cliquable mis en place par l’Union Européenne depuis juin 2014. Il est utilisé aujourd’hui dans 18 pays de l’Union Européenne pour aider à lutter contre la contrefaçon.

– Les médicaments délivrés doivent être en accès direct (sans ordonnance) selon la liste définie par l‘ANSM (Agence Nationale de Sécurité du Médicament). Régulièrement mise à jour, cette liste en compte aujourd’hui un peu plus de 4000 : http://ansm.sante.fr/Dossiers/Medicaments-en-acces-direct/

Si le patient possède une ordonnance, il peut commander en ligne mais devra obligatoirement passer récupérer ses médicaments en pharmacie afin de montrer son ordonnance à un pharmacien. Celui-ci pourra alors tamponner l’original de l’ordonnance et réaliser l’opération de tiers-payant.

 

Quels sont les avantages de la vente en ligne de médicaments ?

Malgré les risques (de plus en plus maîtrisés) de contrefaçon de médicaments, il existe des avantages certains à la vente de médicaments en ligne :

– Un gain de temps : inutile de se déplacer et de faire la queue, on commande directement en ligne pour se faire livrer. Utile pour les 2 millions de français qui vivent à plus de 15 minutes de l’officine la plus proche, ou pour les personnes à mobilité réduite. Egalement pratique, la pharmacie en ligne est de plus accessible 24h24h, 7j/7.

– Un gain d’argent : les prix sont en général moins chers sur internet (même s’il faut compter des frais de port), et on peut davantage comparer les prix lorsque l’on est en ligne.

– Une confidentialité des données du patient au moins égale à une pharmacie physique : toutes les données et les historiques de commande du patient sont sécurisées (le site internet de la pharmacie en ligne doit obligatoirement être hébergé par l’un des 96 organismes agréés habilités à stocker des données de santé à caractère personnel : http://esante.gouv.fr/services/referentiels/securite/hebergeurs-agrees)

Edito Newsletter N°49 – Antoine Garnier

En cette fin d’année, Pharexcel vous souhaite de merveilleuses fêtes et des moments privilégiés à passer avec vos proches. Dans cette dernière infolettre pour 2017, nous revenons sur le futur avec la question de l’utilisation d’internet dans la délivrance du médicament, la santé du patient de demain et enfin nous partageons avec vous l’expérience d’une pharmacienne installée par nos soins. À très bientôt en 2018.

SOINS DE SANTÉ DE DEMAIN & PATIENT DU FUTUR

Demain l’accès aux soins et le suivi des patients seront facilités par les nouvelles technologies.

Le patient devient un véritable acteur de son parcours de soins, comme avec le carnet de santé virtuel.

Suivre les patients, faciliter l’accès au soin, prendre des rendez-vous avec des spécialistes plus facilement, rendre la communication entre patient et médecin, et entre professionnels de la santé plus fluide : le cadre de la e-santé s’est élargi.

Si la sécurité des données de santé reste un réel enjeu, héberger des données en ligne permet de simplifier le parcours de soins, de démocratiser un mode de vie plus sain, et également de faciliter l’établissement d’un bon diagnostic (selon Siemens 35% des erreurs médicales sont imputées à un accès trop morcelé à l’information médicale, ce que pourrait éviter le partage de données).

Le patient du futur sera ultra-connecté et informé.

Anne-Cécile Cormerais, titulaire de la pharmacie Saint-Vincent au Pallet (44) et co-fondatrice de l’application Mypharmaplus délivrant conseils, tutoriels et autotests pour répondre aux besoins des patients (www.mypharmaplus.fr), nous fait part de sa vision.

« Nous notons déjà des demandes croissantes pour plus d’informations et de rendez-vous santé & bien-être (diététicien, esthéticienne…) chez les seniors comme chez les plus jeunes.

Par voie de conséquence, la pharmacie va devoir évoluer et devenir un véritable « centre de bien-être » pour accompagner ses clients dans leur quête de « bien grandir », « bien vieillir », « bien vivre »…

Les pharmaciens doivent donc d’ores et déjà préparer cet avenir pour devenir de véritables acteurs, voire des précurseurs de la santé de demain :

  • Dans les services qu’ils proposent : diagnostics à domicile, organisation de rendez-vous diététiques, élaboration de partenariats avec d’autres acteurs santé…
  • Dans tout le parcours de leur client : tablettes tactiles permettant de diffuser des informations santé, applications en linéaires pour des conseils intelligemment associés, site internet avec accessibilité en ligne des dossiers patients, actualité sur les réseaux sociaux, partage de contenu ciblé via des newsletters adaptées… »

Pour aller plus loin, voici 8 prédictions pour 2030 données par le site Santé Médecine.

  1. Plus informé, plus exigeant, le patient devient co-acteur de ses propres soins de santé

En 2030, la médecine sera 4P :

  • Préventive : par le biais d’entretiens orientés (nutrition, hygiène de vie, surpoids, tabac etc.)
  • Prédictive : vente ou location d’outils sur-mesure
  • Personnalisée : médecine personnalisée, impression 3D, suivi du patient
  • Participative : le pharmacien devra sortir de son officine

 

  1. Le patient ne regarde plus simplement ses progrès cliniques, mais aussi sa qualité de vie

En 2030, les patients utiliseront de façon régulière des applications mobiles santé.

Le marché des applications mobile en santé est en pleine croissance, les revenus provenant des applications e-santé et leurs services atteindront 31 milliards de dollars US en 2020.

  1. Les données sur la santé transforment les soins, et les outils permettent de prédire le futur du patient

En 2030 le « big data » est de plus en plus omniprésent. Si la confidentialité et la sécurité des données restent des préoccupations, le partage de données ouvre de nombreuses possibilités, permettant de mieux prévenir, diagnostiquer et traiter les patients.

  1. La communication est centrée sur le patient

En 2030, les organismes de santé s’engagent auprès des patients par le biais des médias sociaux.

  1. Les consultations à distance remplacent les visites en cabinet médicales

En 2030 la télémédecine favorise l’accès aux soins et facilite les diagnostics des patients. La maison est l’endroit où une grande partie des soins médicaux a lieu, ne se limitant plus aux cabinets médicaux, cliniques et hôpitaux. De nombreux rapports patients médecin sont désormais virtuels et offrent la possibilité aux patients de recevoir des soins à domicile.

  1. Le secteur pharmaceutique innove

En 2030, au-delà de l’efficacité des médicaments, les pharmacies travaillent à améliorer l’expérience consommateur en matière de soins de santé, en innovant pour offrir des partenariats pour les diagnostics, l’analyse de données, la fourniture de soins privés et publics.

  1. L’hôpital est pensé pour les patients et les médecins

En 2030, l’internet des objets (IoT) permet d’améliorer l’accessibilité, l’efficacité et la qualité des soins pour des patients satisfaits.

  1. La robotique, technologie et intelligence artificielle (IA) font leur entrée en salle d’opération

En 2030 la robotique, les lunettes à réalité augmentée, l’impression 3D et l’IA font partie intégrante d’une opération chirurgicale et favorisent la chirurgie mini-invasive.

 

Sources : Infographie : le patient du futur et les soins de santé de demain

02/11/2017 https://buzz-esante.fr/infographie-patient-futur-soins-de-sante-de-demain/

Doc archive veille « Evolution du métier de pharmacien » mai 2016, Le quotidien du pharmacien n3266

https://www.hospitalia.fr/Donnees-de-sante-le-patient-au-coeur-de-la-medecine-de-demain_a1142.html

Internet et pharmaciens : chiffres et avantages

Si un pharmacien sur deux déclare consulter internet régulièrement, pour 60 % d’entre eux, c’est même un véritable outil de formation. Un quart des officines possèdent un site vitrine et seulement 5 % ont un site marchand proposant des médicaments.

 

Site marchand ou pas, il est important pour une officine de surveiller sa e-réputation (interroger les moteurs de recherche, observer les avis, etc.). Pour cela, la pharmacie peut installer une veille grâce à des systèmes d’alertes tels que : Google alertes, Feedly, Scoop it ! et ainsi suivre son actualité, mais aussi celle en lien avec son métier.

 

Alors que seulement 2 % des officines possèdent une page Facebook, se sont 30 % des pharmaciens qui consultent ce réseau tous les jours. Les réseaux sociaux permettent aux pharmaciens de pouvoir échanger avec leurs clients, de partager leurs horaires, actualités ainsi que de répondre à leurs interrogations.

 

Sources

https://www.lequotidiendupharmacien.fr/actualite/article/2017/05/24/e-reputation-de-votre-officine-les-6-cles-du-succes_266469?xtor=EPR-2-%5BNL_quotidienne%5D-20170524#utm_source=qph&utm_medium=newsletter&utm_term=&utm_content=20170524&utm_campaign=NL_quotidienne

http://pharmagest.com/infographie-pharmaciens-internet/

 

Interview : Jérome Bourdeau, Expert Comptable Associé et référent pharmacies chez STECO à Poitiers

Le groupement CGP dont STECO fait partie a publié des statistiques complètes sur l’économie de l’officine sur l’exercice 2016 ainsi que sur le contexte de cession.

Vous avez commenté récemment dans un article du Moniteur des Pharmaciens ces statistiques en parlant de « ratio cohérent » à près de 7 fois l’EBE.

  1. Aux vues du contexte d’incertitude lié à l’exploitation d’officine et au contexte baissier, ne sommes-nous pas sur des ratios encore trop élevés à l’heure où une génération entière de pharmaciens titulaires est à renouveler ?

Il est certain que des incertitudes pèsent sur le métier de la pharmacie, mais comme dans beaucoup d’autres métiers. Et que fort heureusement la notion de performance économique s’est substituée aux habitudes ancestrales de valorisation qui étaient déconnectées des réalités en ne se basant que sur le Chiffre d’Affaires.

Mais, derrière cette psychose collective et angoissante trop fortement répandue à mon gout, il n’en demeure pas moins également que l’activité pharmaceutique en officine reste, globalement, un commerce dont le niveau de marge est très correct en comparaison aux autres activités commerçantes. Et c’est bien légitime compte tenu de la technicité, de la compétence des pharmaciens. Et que donc l’évolution de la valorisation moyenne qui est observée depuis plusieurs années est en baisse sans toutefois aboutir à des dégradations subites et vertigineuses. Je dirais qu’il y a une sorte d’atterrissage en douceur des valeurs pour les rapprocher d’une valeur de négociation cohérente avec la valeur réelle. Et j’ajouterai que s’il fallait une preuve à tout ceci, nous la trouvions dans le fait que les financeurs, dont les banquiers, continuent à considérer que le secteur est un marché porteur et moins à risque que beaucoup d’autres. Après, bien évidemment, ce généralisme masque des situations individuelles qui sont extrêmement diverses.

Pour répondre à la question de la pertinence ou non du ratio de 7 EBE, il faudrait analyser par conséquent ces situations individuelles et l’on aboutirait sans nul doute à des conclusions très différentes. Et l’on remarquerait sans doute qu’au-delà des seuls chiffres, les comportements et l’état des esprits tant des acheteurs que des vendeurs ont besoin d’évoluer. Une bonne négociation nécessitera toujours que les intérêts des 2 parties soient respectés, que le « rapport de force » soit équilibré. Et par exemple, il est certain que si le pharmacien qui vend son officine reste figé sur un prix de cession ne permettant pas à l’acheteur de pouvoir économiquement financer son acquisition, la transaction sera pour le moins difficile, pour ne pas dire impossible.

 

  1. Des pharmacies disparaissent, alimentant ainsi une croissance externe des pharmacies en place, et parallèlement les banques demandent de plus en plus de garanties et d’apport pour financer. Face à ce phénomène de taille d’officine grandissante et de demande d’apport croissante, quelles solutions trouver pour des jeunes aux moyens limités pour s’installer ?

Deux questions se posent en fait. Tout d’abord celle du financement de l’économie par les banques et donc de leur comportement général, puis celle du financement de l’officine.

A mon sens, il faut plus attribuer les demandes de garanties et apports toujours plus importants à la conjoncture économique générale qu’au secteur des pharmaciens. En effet, nous observons ce même phénomène dans toutes les demandes de financement qui sont préparées par notre cabinet, que ce soit pour des créateurs, repreneurs, ou structures déjà en place. Et c’est sans doute ce durcissement des critères bancaires qui contribue aussi au développement des investisseurs privés, dans le prolongement de la mise en place d’un outil juridique adapté (SPFPL).

Si l’on revient à la problématique du financement et de la taille critique des officines, là encore les possibilités sont nombreuses. Et dans l’ordre des priorités, je dirais que le facteur numéro 1 devrait selon moi être le choix de vie que souhaite réaliser le jeune qui s’installe. Veut-il réaliser un premier investissement qui sera un tremplin pour un second ? Souhaite-t-il s’installer durablement dans telle région ? Croit-il à un type d’officine plus qu’un autre ? Se voit-il avec une pharmacie plus importante et plus rentable mais aussi plus engageante et contraignante, ou préfère-t-il un outil de travail plus mesuré et conforme à ses capacités ? Etc. Ce sont les premières questions. Rien ne serait pire pour lui que de se mentir, de « sauter sur la première occasion », de ne pas tenir compte de ses envies ou de celles de sa famille. C’est le plus sûr moyen de courir vers un échec. Donc la première solution pour limiter les besoins de financement et contourner les demandes trop importantes d’apport est de choisir un projet avec une taille adaptée.

Sinon, pourquoi pas, l’ouverture du capital à un tiers investisseur pour compléter son apport sera la solution. On observe cela dans de plus en plus de transactions. Outre l’intérêt évident de garantie pour la banque, le fait d’avoir un tiers investisseur peut aussi être un atout en matière de gestion, d’accompagnement, avec néanmoins le risque lié à l’association.

Dans la liste non exhaustive des solutions, l’on doit aussi rappeler que la recherche d’une performance commerciale à partir d’une stratégie bien pensée pourra être un élément déterminant dans la crédibilité du projet présenté aux financeurs.

 

  1. Dans ce contexte, quels conseils donner aux jeunes pharmaciens qui ont l’ambition de s’installer ?

En résumé, je dirais que si l’on devait donner un conseil aux jeunes qui s’installent, c’est de bien penser à leur projet dans sa globalité. Une réflexion axée sur certains paramètres (prix, taille par exemple) en négligeant les autres (type de pharmacie, évolution de l’environnement, etc.), est à proscrire.

De plus, l’acheteur doit faire preuve de souplesse en acceptant l’idée que le projet parfait sous tout rapport n’existe jamais. Des concessions sont toujours nécessaires, les souhaits doivent être identifiés et surtout priorisés, et permettront d’aboutir au choix.

 

  1. Les mécanismes tels que les regroupements, l’intégration avant départ d’associé minoritaire ou l’anticipation par montée au capital d’un adjoint, vous paraissent-ils pertinents dans la transmission de demain ?

Il me semble évident, dans l’intérêt du vendeur, que l’intégration progressive d’un adjoint, y compris capitalistiquement, est une solution d’avenir. Elle réduit les risques de tout le monde et rend le financement plus adéquat. Moins d’emprunt, garantie par la présence du vendeur au capital, implication de l’acquéreur dans la gestion et donc intérêt à la valorisation de son actif, et donc de celui du vendeur, apprentissage progressif des notions de gestion, etc. Mais cela implique aussi de retenir le principe habituellement observé que la valorisation d’une minorité du capital se fait avec une décote de minorité.

 

  1. Les récentes évolutions du PFLSS vous paraissent-elle favoriser le renouvellement des générations (abrogations régime faveur retraite…) ?

Il est difficile de répondre à cette question dans le sens ou certaines mesures sont contraignantes et d’autres sont incitatives, et que comme souvent les commentateurs ont tendance à appuyer sur les aspects négatifs. Je crois simplement que les décisions prises ne font que confirmer une tendance de fond observée depuis longtemps. A savoir que les prestations annexes sont encouragées et donc les honoraires de dispensation favorisées, au détriment des médicaments vignettés.

Il faut donc à mon sens y voir une nécessaire évolution de notre système de santé, incontournable en tous cas, et qui malgré les apparences offre de nombreuses opportunités à ceux qui veulent bien s’en saisir. D’où l’obligation à mon sens pour le jeune pharmacien, malgré pourquoi pas des réticences a priori, de s’intéresser à toutes les possibilités, de les étudier, avant de faire des choix. On le voit bien, pour des raisons dogmatiques, certains disaient encore il y a peu que vacciner n’était pas leur métier alors que finalement aujourd’hui certains se sont saisi de cette possibilité pour accroître leur chiffre d’affaires tout en renforçant, et c’est peut-être là le plus important, leur image de professionnel de la santé alors que pendant des années ils étaient peut-être plus perçu comme des « revendeurs de médicaments ». Il ne faut pas sous-estimer l’impact de cette évolution.

Alors si l’on accepte cette idée de nécessaire transition, on peut admettre que le récent PFLSS poursuit la modernisation de notre système et favorise les perspectives d’avenir de ceux qui entreront avec volontarisme dans cette nouvelle ère.

 

  1. STECO a récemment fait appel aux services de Christophe Valtaud, collaborateur associé de Pharexcel pour former les collaborateurs STECO, pourquoi ce choix ?

Le Cabinet STECO pense que notre volonté de conseiller nos clients n’est possible que si nous sommes des spécialistes suffisamment précis de leurs activités. Nous souhaitions donc connaître le métier du pharmacien, pratiquement aussi bien qu’un titulaire, en allant loin dans cette connaissance (cursus de formation, grandes familles de médicaments et molécules, obligations ordinales et réglementaires, rôle des intervenants du secteur comme les grossistes, etc.). Et nous avons donc pensé qu’obtenir une formation d’un professionnel de l’exercice officinal et de la transaction était probablement la solution la plus efficace. D’où notre choix d’un professionnel qu’au demeurant nous connaissions bien. Et ce choix a été une excellente chose pour les associés et collaborateurs qui ont suivi les 3 jours de formation.

Réforme du code du travail : quels impacts pour les pharmaciens ?

Ordonnances Macron sur la loi travail : quelles vont être les répercussions concrètes de cette réforme du code du travail sur la pharmacie ?

Deux points clés sont à retenir en priorité.

 Règles de vie au travail : une liberté de négociation

Dans les pharmacies de moins de 20 salariés sans élu du personnel, on pourra négocier les règles de vie au travail directement avec ses salariés pour mieux coller à la réalité de son exploitation.

Cette possibilité de se substituer aux règles posées par le droit du travail et la Convention collective apportera une réelle souplesse de gestion sur des sujets tels que la rémunération, l’organisation du travail, ou le temps de travail de ses salariés…

Par exemple, on pourra aménager les horaires de ses équipes en fonction du niveau d’activité de son officine (périodes de pic d’activité, ouverture le dimanche matin).

Réforme du licenciement : plus de souplesse

  • Les ordonnances de la Loi Travail prévoient la mise en place d’un barème d’indemnisation pour les cas de licenciement abusif, avec un système de plafonds. En connaissance de ces plafonds, le pharmacien a donc la possibilité de négocier en amont directement avec son salarié afin d’éviter par exemple les Prud’hommes. Avantage non négligeable lorsque l’on sait que les pharmacies sont cédées en moyenne tous les 8 à 10 ans, et que ces cessions ont un impact récurrent sur les ressources humaines. Cette nouvelle souplesse permettra donc au pharmacien d’anticiper et d’organiser ces changements. Seule exception : en cas de discrimination le barème ne s’applique pas.

Dans un contexte où la pharmacie est sous pression, où les marges sont réduites, pouvoir mesurer l’impact d’un choix économique lié au personnel représente un réel avantage.

  • Par ailleurs, si hier une erreur de procédure remettait en cause le licenciement, aujourd’hui les ordonnances Macron prévoient une indemnité à régler, mais sans remise en cause systématique du licenciement. Les indemnités de licenciement versées par l’employeur seront majorées de 25% pour les 10 premières années. Les indemnités de licenciement sont désormais applicables pour les salariés dès 8 mois d’ancienneté (contre 1 an auparavant).
  • Les règles de procédure d’un licenciement seront également assouplies. Les pharmaciens auront accès à un modèle type de lettre de licenciement, lettre sur laquelle ils pourront compléter certaines mentions après la notification du licenciement. Un réel gain de souplesse en terme administratif.