INTERVIEW : Laure-Emmanuelle Foreau-Coffin, Praxipharm

Bien accompagner ses équipes lors d’une cession : une des clés de la réussite !

Laure-Emmanuelle Foreau-Coffin, diplômée ESC et de culture officinale, est spécialisée dans l’accompagnement et le coaching professionnel des pharmaciens chez Praxipharm.
Depuis près de 12 ans Praxipharm accompagne l’évolution des officines et le développement de leur potentiel humain.

Dans quelles circonstances les pharmaciens vous sollicitent-ils ?
Les pharmaciens nous sollicitent pour des projets variés tels que :
• Des projets de formations, catalogue ou « à la carte », visant le développement des compétences
• L’accompagnement personnalisé face à une problématique personnelle (CA en panne, recherche de relais de croissance, motivation des équipes, travaux)
• Le suivi et accompagnement, Coaching professionnel et motivation d’équipe
• Le besoin d’outils pragmatiques et de solutions concrètes

Comment répondez-vous à ces demandes ?
Nous veillons à ce que nos interventions soient « efficaces », en apportant des solutions concrètes, pratiques et utiles, et nous sommes reconnus pour ça.
Notre professionnalisme, et l’apport d’un nouveau regard sont des commentaires qui reviennent également souvent dans les fiches d’évaluations de nos prestations.
Au-delà des attentes, c’est d’abord la recherche du besoin réel qui occupe toute mon attention : questionner, écouter, faire preuve d’empathie, et surtout détecter les besoins sous-jacents, souvent méconnus du titulaire lorsqu’il me contacte. Récemment encore, un pharmacien m’a contactée car il avait besoin d’un coach pour accompagner son équipe. Or après discussion, nous en avons conclu que finalement c’est lui qui avait besoin d’un coach professionnel…

Quel accompagnement proposez-vous ensuite ?
L’accompagnement se fait à plusieurs niveaux, et surtout en fonction des besoins. Les solutions sont donc « à la carte » et « sur-mesure ». Il peut s’agir d’un apport d’outils, ou d’un accompagnement de l’équipe ou du titulaire à la mise en place des solutions adoptées. En tant que coache professionnelle certifiée, cela me permet de travailler le volet savoir-être et comportement.

Quels conseils pourriez-vous donner à un pharmacien qui va s’installer ?
Il faut se laisser un temps d’observation avant de tout changer, puis être à l’écoute ! Pas facile quand on a prévu de changer l’informatique, les horaires de travail, voire de se séparer d’un ou plusieurs collaborateurs… et en même temps, ce temps est absolument nécessaire pour valider le projet d’installation.

Proposition PHAREXCEL

En partenariat avec Praxipharm, PHAREXCEL propose au pharmacien primo-accédant une séance de coaching personnalisée gratuite pour faire le point en vue d’amorcer la transition de management de l’équipe en place.
Nous contacter pour plus de renseignement : contact@phar-excel.fr.

Pour plus d’informations sur Praxipharm : http://www.praxipharm.fr

Edito Newsletter N°50 – Antoine Garnier

PHAREXCEL fête sa 50ème newsletter !

En 2011 nous envoyions notre première newsletter à 500 pharmaciens, avec une centaine d’ouvertures.
Aujourd’hui nous sommes fiers d’envoyer 8 à 10 newsletters par an à plus de 10 000 pharmaciens, et de compter 2500 à 3000 ouvreurs par newsletter.
Notre ambition à travers ces rendez-vous est d’apporter à nos lecteurs ; tous acteurs et spécialistes du secteur de la pharmacie : des partages d’expérience, des conseils, des témoignages d’experts, des sujets traitant de la vie du pharmacien…
Nous vous souhaitons une très bonne lecture !

PRIX ET VALEURS DES PHARMACIES

Notre point de vue sur les conférences et études présentées à PharmagoraPlus 2018.

Le mois d’avril a nourri l’univers de la pharmacie de nombreuses publications et conférences organisées autour du salon professionnel PharmagoraPlus à Paris. Dans ce cadre, PHAREXCEL a pu participer à la conférence CGP ainsi qu’à la présentation de l’étude Interfimo sur les « Prix et la valeur des pharmacies », édition 2018. Il nous a paru opportun de revenir sur ces deux références de la profession concernant la valeur des officines, et de vous donner notre point de vue.

Pour rappel, ces chiffres traitent de l’année 2017.

 Toute analyse économique nécessite au préalable d’en dresser le contexte. Là-dessus tous les experts s’accordent :

–       le réseau est en pleine mutation avec une tendance lourde à la restructuration, à la concentration et au regroupement ; voire à la disparition des plus petites officines, indifféremment en secteur urbain ou rural.

–       le vieillissement de l’âge moyen des titulaires: le « papy boom » aura bien lieu et sera plus que jamais effectif en 2020, quand le nombre annuel de titulaires atteignant l’âge de 65 ans triplera (source ONP 2017).

–       l’activité est stable, comme le sont les marges et l’EBE dans leur globalité.

 Dans ce contexte :

–       le nombre de mutations (vente de fonds ou de parts sociales) est en accélération (+9%), porté régionalement par une croissance forte dans le Nord et Nord-Ouest.

–       le départ à la retraite reste le moteur essentiel de ces mutations (87%).

–       l’EBE retraité ou reconstitué devient définitivement la référence pour le prix de cession, et il progresse légèrement à 6,3 fois l’EBE en 2017 contre 6,2 fois en 2016.

–       l’Est et le Sud de la France pondèrent à la hausse ce chiffre (Grand Est, Corse, PACA et Occitanie ayant des prix de vente supérieurs à 7 fois l’EBE retraité, tout en représentant 20% du volume des mutations ! ).

–       la dispersion liée à la vente des « grosses » officines (qui représente une vente sur quatre) affecte ces moyennes. Cependant en dehors de ce phénomène le marché est plus homogène qu’il ne l’était il y a 10 ans.

–       la corrélation entre rentabilité et prix de vente est établie depuis 2015.

–       la stabilité des prix en pourcentage du CA HT (76%) ne permet pas de représenter la bipolarisation du marché entre petites et grandes officines.

–       on peut noter un CA « pivot » autour de 1,6M€HT : les prix baissent pour les pharmacies en-dessous de cette marque, les prix augmentent pour les pharmacies au-dessus.

–       en comparaison avec 2016, les prix des officines de centres commerciaux progressent de manière importante là où celles des centres-villes sont stables, et celles de quartier ou en ruralité baissent.

Le besoin de renouvellement des titulaires (et du réseau officinal) couplé à un manque d’apport pour les candidats repreneurs, pose un challenge critique pour la profession. Faute de solutions et de pro-activité sur ce sujet, la valeur des officines s’auto-corrigera à la hauteur des moyens des porteurs de projets, la banque ne souhaitant pas compenser ce manque de capital par une prise de risque plus élevée. Alors l’offre excèdera bientôt la demande de manière plus structurelle et généralisée, ce qui affectera immanquablement la valeur des officines de manière drastique.

Face à ce défi, Interfimo et CGP ont à leur manière listé les mécanismes déjà existants, mais ont exprimé leur souhait vers plus de créativité, voire de flexibilité des instances professionnelles pour pallier cette situation.

On peut questionner dans toutes ces approches statistiques le choix de la « moyenne » comme représentative de la réalité. La problématique de la notion de « moyenne » est d’avoir été trop facilement adoptée et de façon assez floue dans le langage courant. En effet la distribution étant largement biaisée par de toutes petites opérations ou par des très grosses, le choix de la « médiane » semblerait parfois plus approprié – notamment pour les chiffres régionaux où le nombre d’évènements reste inférieur à 100.

Le deuxième écueil à notre sens, provient du retraitement très aléatoire de l’EBE par les pharmaciens ou par leur conseil. En effet l’EBE référent n’est pas lissé sur plusieurs années donc son caractère plus aléatoire fragilise toute approche financière, et par là le financement même d’un dossier de reprise.

Nous devons malheureusement parfois justifier auprès des pharmaciens notre estimation de prix en comparaison avec ces moyennes, alors qu’elles ne constituent pas toujours une référence selon les cas de figure.

Dans un contexte actuel dans lequel l’offre et la demande sont déséquilibrées, les pharmaciens cédants devront faire preuve d’une plus grande implication en s’interrogeant sur les conditions minimums de reprise, plutôt que simplement sur un prix de cession.

Recherchons candidats à l’installation pour…

• 61 : CA 1,4M€ HT : très belle officine rurale apport 150k€ mini, belle rentabilité, ZRR.

•87 : CA 1,45M€ HT : beau levier de progression avec transfert pour cette pharmacie rurale en ZRR. Apport nécessaire 150k€.

• 16 : CA 1,6M€ HT : rentabilité maximum pour cette pharmacie rurale en ZRR. 250k€ nécessaire. Murs à vendre.

• 29 : CA 1,8M€ HT : idéal primo accédant 150k€ mini avec investisseur et groupement possible.

• 82 : CA 1,9M€ HT : PV < 65% CA, belle opportunité pour primo-accédant avec 100k€ mini (investisseur possible). Possibilité achat des murs.

• 31 : CA 3,5M€ HT : beau dossier dans zone avec potentiel 600k€ apport nécessaire. Possibilité achat des murs.

• OUEST : Pharmacie leader 4,5M€ HT sur centre commercial. Apport nécessaire 800k – 1M€.

 

 

Élargissement du rôle du pharmacien : les français favorables !

En France, près de 60 % de la population consulte leur pharmacien avant d’aller voir leur médecin traitant. Un réflexe surtout pour les jeunes et les femmes mais beaucoup moins courant chez les plus de 65 ans.

Les personnes souffrant d’une affection de longue durée, sont particulièrement nombreuses à estimer que les titulaires d’officine peuvent occuper une place plus importante dans leur prise en charge au quotidien.
Parmi les actions concrètes, on note, les bilans de médication citée à 75 %, un chiffre important, de plus 70 % des français sont pour la prescription par les pharmaciens.

Les principaux intéressés, sont d’ailleurs favorable à un élargissement de leur rôle. En effet, ils sont 96 % à être pour un suivi sanitaire des malades.

En revanche, il existe un point de désaccord : la délivrance des médicaments à l’unité. Les patients y voient un moyen de limiter le gaspillage, tandis que les pharmaciens l’assimilent à une augmentation de la charge de travail.

Sources :
https://www.lelynx.fr/mutuellesante/medecine/organisme/portrait/pharmacien/elargissement-role-pharmacien/
http://www.e-sante.fr/pour-leurs-soins-les-francais-veulent-impliquer-plus-le-pharmacien/breve/615521
https://m.20minutes.fr/amp/a/2231863?__twitter_impression=true

 

RETOUR SUR PHARMAGORAPLUS 2018

Un salon en pleine évolution, qui reste un incontournable du secteur

 

PharmagoraPlus se veut depuis longtemps l’événement incontournable de la pharmacie en France avec 330 exposants et plus de 11 000 participants sur les 2 jours.

Revenons sur l’édition 2018 à travers les témoignages de professionnels de la pharmacie, visiteurs ou exposants : pharmacien, média, et cabinet de conseil.

 

Entretenir sa relation partenaires et prospecter de nouveaux clients : les principales attentes des professionnels de la pharmacie vis-à-vis de PharmagoraPlus

Le salon PharmagoraPlus est vu comme l’occasion de revoir ou de rencontrer les nombreux professionnels de l’écosystème de la pharmacie : experts comptables, transactionnaires, formateurs, agenceurs, mais aussi les groupements de pharmaciens ou encore la presse professionnelle spécialisée.

C’est donc l’occasion de revoir ses clients, et d’entretenir la relation, mais aussi de faire de nouveaux contacts et de prospecter de nouveaux clients.

C’est également l’endroit où l’on peut voir ou revoir ses pairs ou partenaires afin d’échanger et de partager, par exemple avec des pharmaciens titulaires d’autres secteurs.

En tant qu’exposant, le salon est bien sûr l’occasion de développer sa notoriété en tant qu’acteur professionnel de la pharmacie, que ce soit en tant qu’agenceur, groupement ou encore média.

Enfin, avec un panel de 100 conférences, débats et tables rondes animées par plus de 200 experts, le salon est l’occasion de se former et s’informer sur des grands thèmes consacrés à la profession, à la gestion, aux aires thérapeutiques, ou encore aux nouvelles technologies et à l’innovation. Le salon permet de trouver de nouveaux produits et concepts innovants.

 

Une fréquentation difficile à évaluer

Si les professionnels interrogés ont des difficultés à évaluer la fréquentation de cette 33 édition du salon, la tendance serait jugée à la baisse, notamment impactée par la grève de la SNCF.

 

Des visiteurs internationaux de plus en plus nombreux

Si la majorité du public est toujours constituée de pharmaciens titulaires, on note une augmentation significative d’acteurs étrangers et notamment anglo-saxons.

 

Un salon qui s’internationalise

Avec toute une partie du salon dédiée à l’export, et des acteurs anglo-saxons de plus en plus nombreux, on note une orientation internationale de PharmagoraPlus depuis quelques années. La reprise du salon par le groupe anglo-saxon CloserStill Media en 2015 y serait-il pour quelque chose ?

La présence de nombreuses start-ups et des sujets sur la e-santé sont également à noter.

Enfin, le salon est grandement axé sur les laboratoires, lui donnant une forte tonalité produits et donc « commerçante » ; au détriment de sujets autour du métier de pharmacien et de sa mutation en cours ?

 

PharmagoraPlus : un salon qui reste un incontournable du secteur

Le nombre d’exposants et les moyens financiers déployés en font toujours le salon le plus important de la pharmacie. Les autres salons sont davantage à l’initiative de syndicats et de groupements, orientés sur des sujets plus techniques.

De par les exposants présents et les sujets traités, PharmagoraPlus est davantage vu comme un salon pour des pharmaciens déjà titulaires que pour des pharmaciens en recherche d’installation.

 

Nos sincères remerciements pour leur retour d’expériences à : Mr Jean-Benoît Claudel (Le Moniteur) – exposant, Mr Christophe Valtaud (PHAREXCEL) – visiteur, et Mr Pierre Nahan (Assistant pharmacien) – visiteur.

NOUVELLE ORDONNANCE RELATIVE AUX TRANSFERTS D’OFFICINES

Plus de liberté donnée aux ARS (Agences Régionales de Santé), pour davantage de souplesse, et un maillage officinal plus homogène.

 La nouvelle ordonnance parue le 3 janvier dernier vise à faciliter les conditions de transferts, regroupements et de cessions d’officines.

1. L’éclairage de Maître Anne-Lise DE COUTURES, Avocat en droit des affaires et des sociétés au Barreau de Brest

Les principaux changements

-La disposition fondamentale de cette ordonnance est la suppression de l’interdiction avant un délai de 5 ans de cession ou regroupement suite à un premier regroupement ou transfert.

En effet, la nouvelle rédaction du code de la santé publique est de nature à rassurer la mobilité économique du monde officinal.

Songez à ces situations de centre-ville. On ne peut restructurer toute une rue en même temps. Deux pharmaciens titulaires peuvent prendre l’initiative de se regrouper. S’ils sont bloqués pendant 5 ans, ils ne pourront bénéficier de futures opérations de cession ou regroupement. Ce délai de 5 ans engendrait une véritable paralysie du mouvement économique officinal.

Désormais, il sera possible pour ces pharmaciens « initiateurs » de la restructuration d’une rue, de participer aux opérations ultérieures.

Cette nouvelle mesure devrait encourager les pharmaciens encore hésitants à se regrouper.

-Par ailleurs, le délai pour effectuer une opération de regroupement/transfert passe de un an à deux ans à l’issue de la notification de l’autorisation délivré par l’ARS.

Le pharmacien pourra ainsi appréhender cette restructuration de manière plus sereine, ses opérations s’accompagnant généralement des travaux dont la maitrise calendaire est parfois aléatoire.

Pour l’instruction du dossier, les règles de priorité sont modifiées. Désormais, pour l’ouverture d’une officine dans une nouvelle commune, la priorité est donnée aux demandes des communes voisines afin de privilégier le réseau officinal existant.

Les autres règles restent inchangées.

A noter que le Directeur Général de l’ARS ne peut plus décider d’une distance minimale entre les deux officines.

Des dispositions particulières applicables à certains territoires

La possibilité de transférer ou se regrouper au sein d’un aéroport : l’autorisation sera prise sur l’évaluation du nombre annuel de passagers de l’aéroport qui devra être supérieur à 3 000 000.

Egalement, le directeur de l’ARS pourra également déroger au seuil de 2500 habitants nécessaires pour effectuer un transfert ou un regroupement d’officines (article L 5125-6-1 CSP)

Dans les communes de moins de 2 000 habitants, sous réserves de certaines conditions propres aux territoires et aux communes limitrophes, une officine pourra être transférée ou regroupée.

-Plus technique, l’abandon de la condition de population résidente dans certaines situations

On le sait, le regroupement ou le transfert d’officines doit satisfaire aux trois conditions suivantes (article L.5125-3du CSP) :

  • Il doit répondre de façon optimale aux besoins en médicaments de la population résidant dans les quartiers d’accueil,
  • Il ne doit pas avoir pour effet de compromettre l’approvisionnement nécessaire en médicaments de la population résidente de la commune ou du quartier d’origine,
  • Il doit être effectué dans un lieu qui garantit un accès permanent du public à la pharmacie et permet à celle-ci d’assurer un service de garde ou d’urgence.

La notion de « population résidente » ne sera plus requise dans certaines situations :

  • Sur décision de Directeur Général de l’ARS, il sera possible de transférer ou d’effectuer un regroupement auprès d’une maison de santé, d’un centre de santé ou d’un centre commercial en dépit d’une population résidente.

En d’autres termes, le transfert ou le regroupement pourra approvisionner une clientèle de passage (c’est en corrélation avec la possibilité des transferts ou regroupements dans les aéroports).

  • Lorsque le transfert d’une officine ou le regroupement de deux officines s’opère dans le même quartier.

Ces nouvelles dispositions seront applicables le lendemain de la publication au Journal Officiel au plus tard le 1er août 2018. Les décrets d’application viendront apporter quelques précisions comme « approvisionnement en médicaments insatisfaisante ».

Les dossiers adressés aux ARS et dont la complétude aura été constatée avant le 1er août 2018 resteront soumis à l’ancienne réglementation.

On peut en déduire que les dossiers adressés aux ARS et dont la complétude aura été constatée après le 1er août 2018 seront soumis à la nouvelle disposition.

Globalement l’ordonnance répond à toutes les attentes. Cependant, notons que le regroupement de deux officines doit toujours s’effectuer que dans l’une des deux officines. Les deux points de vente ne peuvent subsister comme le recommandait le rapport de l’IGAS (Inspection Générale des Affaires Sociales) en octobre 2016. Ce qui peut se comprendre, le regroupement vise en premier lieu à opérer des économies d’échelle. Cependant, les titulaires ont une appréhension sur la captation de la clientèle « abandonnée » et son comportement suite à la fermeture d’un des deux points de vente où les habitudes sont parfois très ancrées. Dans une opération de regroupement, au regard de la clientèle, 1+1 ne font pas forcément 2.

 

2.Quelques cas pratiques pour mieux comprendre

Ces exemples de cas de transferts ont été refusés en 2017. Le seraient-ils en 2018 avec la nouvelle ordonnance ?

Balaruc-le-Vieux (34)

En 2011 la demande de renouvellement de transfert de l’officine de Monsieur Chauvin a été refusée. Le motif : le village de Balaruc-le-Vieux, situé à 47km de son officine, a beau ne posséder aucune pharmacie, il ne compte que 2100 habitants alors que le seuil requis est de 2500 habitants.

Avec la nouvelle ordonnance de 2018, l’ARS définira la liste des communes avoisinantes sans officines afin d’arriver au seuil du nombre d’habitants prévu. Balaruc-le-Vieux comptant plus de 2000 habitants, le transfert pourrait alors être autorisé.

Doubs (25)

La pharmacie des 2 associés est devenue trop petite pour répondre à la demande de la population grandissante et aux normes d’accessibilité. La demande de transfert s’inscrit dans un projet d’aménagement sur la zone commerciale de la commune, avec la création d’un pôle médical situé à seulement 900 mètres de l’actuelle officine, et près de la future Maison des âges. Ce transfert a été refusé en 2015 pour motif de décentrage de l’offre médicale dans la commune.

Pour ce type de territoires, l’ordonnance de 2018 pourrait autoriser ce transfert favorisant les installations près d’un centre de santé ; ce transfert se faisant par ailleurs au sein de la même commune.

Cozes (17)

En 2016, l’ARS a refusé le transfert d’une des pharmacies de Cozes vers Semussac car le seuil de 2500 habitants n’était pas atteint. Avec l’ordonnance de 2018, le projet de transfert pourrait être autorisé au motif que Semussac possède 2000 résidents et la commune voisine Corme-Écluse en possède, elle, plus de 500, permettant ainsi d’atteindre le seuil requis.

 

3. L’expertise Pharexcel en la matière

Pharexcel a développé des outils d’analyse géostratégique qui permettent de situer, visualiser, comptabiliser les paramètres environnementaux de l’exploitation. Ceux-ci mêmes qui convaincre les ARS du bienfondé ou de la pertinence d’un transfert.

Il est parfois difficile de justifier d’une implantation. Nous utilisons à la fois la géolocalisation de la clientèle existante, son barycentre (situation pondérée sur une carte de la clientèle) que nous comparons à la clientèle naturelle du quartier ou de la zone desservie.

Nous démontrons à travers le comptage statistique des populations résidentes que les seuils requis sont atteints. Nos outils utilisent à la fois la donnée Insee la plus fine (données carroyées à 200 mètres) mais également celle des quartiers iris ou « quartier naturel ». La notion de quartier n’étant pas défini clairement dans l’Ordonnance de janvier 2018.

Nous évaluons également la nuisance par rapport aux autres officines présente sur la zone de chalandise et démontrons l’amélioration de service sur le secteur étudié.

Notre expérience dans la rédaction des dossiers de transfert depuis plus de 20 ans, nous a permis de construire une réelle compétence.

Interview de Stéphanie Éon, expert-comptable associé du cabinet Ficamex sur la dépreciation de fonds commercial

Le Code de commerce a été modifié en 2015 par suite de la transposition de la directive comptable européenne 2013/34/UE voté par le Parlement Européen, le 26 juin 2013, ayant pour objectif d’harmoniser les règles comptables pour les sociétés commerciales en Europe. Donc si votre pharmacie a été survalorisée au moment de l’achat ou qu’elle a subit une perte de chiffre d’affaires liée à des éléments structurels de l’environnement, vous avez potentiellement l’opportunité de bénéficier de ce dispositif de réduction fiscale.

 

 Stéphanie ÉON, Expert-comptable associée au sein du cabinet Ficamex sur le secteur Nantes et nord Loire, a accepté de revenir sur le contexte de la nouvelle règlementation sur les Dépréciation des fonds commerciaux et de nous en expliquer les implications.

 

Quel est le contexte de cette nouvelle règlementation ?

Le Règlement de l’Autorité des Normes Comptables (ANC) 2015-2016 exige qu’à compter des exercices ouverts le 01/01/2016, le fonds commercial non-amorti doit obligatoirement faire l’objet d’un test de dépréciation même en l’absence d’indice de perte de valeur.

En d’autres terme depuis le 1er janvier 2016, le fonds commercial (éléments incorporels provenant d’une société acquise et non pas créée, et qui ne peuvent figurer dans d’autres comptes du bilan par exemple la clientèle, l’image de marque, la notoriété,…) est présumée non-amortissable car sa durée d’utilisation est réputée illimitée.

 

Pourquoi cette nouvelle règle ?

Cette nouvelle règle renforce la nécessité d’avoir un bilan qui représente fidèlement la valeur réelle de l’entreprise de manière prudente, ce qui est l’esprit de la comptabilité. Les partenaires financiers d’une entreprise ont droit à une information juste.

Pour rappel, une dépréciation affectera les capitaux propres de l’entreprise et donc la capacité financière de celle-ci. Omettre de réaliser ce test de dépréciation de manière « étayée » pourra constituer une faute de gérance donc engager la responsabilité personnelle du dirigeant en cas de procédure.

 

Comment s’effectue ce test de dépréciation ?

Le test consiste à comparer la valeur au bilan avec la valeur actuelle, montant le plus élevé entre la valeur vénale et la valeur d’usage. Ceci est une contrainte nouvelle car il faut évaluer ces deux valeurs de manière étayée.

Pour rappel :

La Valeur Comptable est celle inscrite dans le compte 207 du plan comptable, elle enregistre l’acquisition des les éléments incorporel du fonds de commerce.

La Valeur Vénale correspond à la valeur du marché, c’est-à-dire « un chiffre aussi proche que celui qu’aurait entraîné le jeu normal de l’offre et de la demande ».

La Valeur d’Usage est la valeur actualisée des flux de trésorerie futurs dégagés par l’activité, on retient généralement dans le cas du fonds commercial une estimation de la valeur de sortie.

La méthode exige que l’on compare d’abord la Valeur Comptable à Valeur Vénale :

Si la Valeur Vénale est supérieure à la Valeur Comptable, alors il n’y a pas de dépréciation. Si la Valeur Comptable est supérieure à la Valeur Vénale, on effectue une deuxième comparaison,

Si la Valeur Vénale est supérieure à la Valeur d’Usage, la Valeur Vénale est celle retenue pour le fonds commercial avec la dépréciation.
Si la Valeur d’Usage est supérieure à la Valeur Vénale, la Valeur d’Usage est retenue pour la dépréciation.

Pour nos lecteurs profanes, comment traduisez vous les implications de cette nouvelle règlementation ?

 Cela traduit la nécessité à la fois de réaliser ce test de dépréciation faute de quoi la responsabilité du gérant pourra être engagée dans le cas ou la valorisation du fonds commercial pourrait induire en erreur sur la santé financière de l’entreprise. Cela implique que ce test s’appuie sur des études précises sur la valeur vénale ou valeur de sortie du fonds commercial de l’entreprise considérée et si nécessaire sur des études objectives indépendantes.

Est-ce qu’une étude prospective qui analyse à la fois les conditions de sortie lié au marché de la transaction mais également sur l’environnement d’exploitation peuvent répondre aux exigences de cette nouvelle règle ?

Oui, si elle amène une appréciation normée de la valeur de l’entreprise et évalue objectivement ce qui pourra permettre ou non de la valoriser à une valeur donnée de manière comparative ou étayée.

PHAR-EXCEL réalise depuis 2015 des études prospectives sur l’environnement de l’officine et des études de valorisation pour déterminer les conditions de sortie qui peuvent s’avérer être des livrables utiles à la justification des dépréciations de fonds commerciaux.

Texte réglementaire du Bulletins Officiels des Finances Publiques : cliquez ici

 

PHAREXCEL : on recherche candidats à l’installation pour…

– Projet de reprise dans le Sud-Ouest : vente urgente / prix bas pour une pharmacie de 2M€ TTC (60% CA) à restructurer proche axe autoroute / investisseur avec expérience en soutien / 50 à 100k€ d’apport nécessaire.

– Reprise d’une officine leader sur sa zone de chalandise de 3,4M€ dans le Sud-Ouest. Nombreuses consolidations à venir au bénéfice de l’officine. Idéal 1 ou 2 diplômes pour 500 à 600k€ d’apport minimum.

– Reprise d’une officine de 4,5M€ HT dans le grand ouest. PV < 90% CA HT. Capitale régionale. Idéal 1 ou 2 diplômes pour 800k€ d’apport. Investisseur possible pour moitié.

– Reprise d’une officine de bourg dans les Pays de Loire. CA 950k€ TTC. Apport 50k€ avec investisseur local. Levier de transfert à terme.

– Reprise d’une officine de 1,9M€ TTC en Bretagne. Bourg avec belle densité médicale. Idéal 1 diplôme ou 2 diplômes. Apport nécessaire 300k€. Investisseur possible.

– Reprise d’une officine de 1,8M€ TTC à 1h d’Angers. 75% des parts à reprendre puis totalité à 3-5 ans. Apport souhaité 150 à 160k.

– Reprise d’une officine de 2,4M€ TTC à moins d’1 heure de Poitiers. ZRR. Apport 300k€ souhaité. Transfert possible.

– Reprise d’une officine de 1,8M€ TTC à moins d’1 heure d’Agen. PV < 65% du CA HT. ZRR. Apport 200k€ maximum.

– Reprise d’une officine sur axe Bordeaux Toulouse. 1,8M € TTC. PV< 75% du CA HT. Apport 200k€.