Pharmanity, le tripadvisor de la pharmacie

Connaissez-vous Pharmanity ? Peut être votre pharmacie est-elle déjà référencée sur cette plateforme qui recense déjà 520 pharmacies et qui a pour objectif de référencer les officines en France afin d’aider le patient à trouver un médicament un médicament manquant, s’informer sur le prix d’un produit de parapharmacie, repérer un dépistage proposé par une pharmacie… Comment cela fonctionne ? Le patient saisit ce qu’il recherche dans un champ « Quoi » : un produit, un service (dépistages, entretiens pharmaceutiques) ou un domaine de spécialisation (phytothérapie, micronutrition, lait infantile, etc.). Il saisit l’adresse où il souhaite rechercher cette information ou se géolocalise, et accède immédiatement à l’ensemble des informations des pharmacies inscrites sur Pharmanity. Pour mettre à disposition vos informations, il est nécessaire que la pharmacie se soit inscrite pour référencer ses produits et ses informations plus spécifiques.

Pharmanity, c’est également le « Tripadvisor » de l’officine puisqu’il permet aux internautes de décerner des étoiles et de déposer des avis.

Edito Newsletter N°46 – Antoine Garnier

On a enfin un président, une ministre de la santé. Bien que leurs intentions ne soient pas limpides sur la pharmacie, les rencontres avec les représentants de l’officine ont permis de rassurer les titulaires. Et comme par miracle, l’inertie ambiante depuis 6 mois s’est transformée tout d’un coup en un sentiment d’urgence absolue de « faire ». On a le sentiment qu’un cap va être maintenant donné offrant enfin la visibilité nécessaire au bon pilotage de toute entreprise.

L’urgence a du bon car elle incite à la décision mais prendre des décisions sans critères clairs, sans s’être posé les bonnes questions en amont peut nuire à votre projet. À travers son portefeuille d’études, PHAREXCEL répond à vos questions et vous aide à identifier les points de vigilances, les seuils de réalisation, les conditions de faisabilité,… n’hésitez pas à nous contacter pour vous accompagner dans vos projets.

Amazon : à l’attaque du marché officinal

Déjà présent, aux États Unis, sur les segments des fournitures de dispositifs médicaux et des médicaments sans ordonnance aux États-Unis, Amazon réfléchit, maintenant, à se lancer dans la vente en ligne de médicaments sur prescription. Outre un catalogue étoffé de fournitures médicales (tensiomètres, pansements…), la réglementation américaine l’autorise déjà à vendre sur internet toutes sortes de médicaments sans prescription (anti-douleurs comme l’Advil, anti-allergies comme le Zyrtec). Mais Amazon souhaite aller plus loin… Au Japon, il teste déjà la vente en ligne et la livraison rapide (le jour même de la commande) de médicaments nécessitant une consultation auprès d’un pharmacien avant l’achat, sur son site web. Avant de passer des commandes, les clients japonais doivent décrire en ligne leurs symptômes et leurs antécédents médicaux via un formulaire mis à leur disposition sur le site d’Amazon. Les articles ne leur sont ensuite livrés à domicile qu’après approbation par un pharmacien. Mais le marche des médicaments sur prescription reste, en Europe, très régulé. A voir maintenant comment ce géant du e-commerce pourra réussir à s’affranchir de cette réglementation pour réussir à imposer son modèle en France…

Retour sur l’étude démographique réalisée par l’Ordre National des Pharmaciens (Janvier 2017)

L’ONP publie chaque année en mai-juin, une étude complète sur la démographie des pharmaciens (tous tableaux confondus) intitulée « Les Pharmaciens – Panorama au 1er Janvier 2017 » . Les différentes publications se trouvent sur le site en téléchargement ici. On a souhaité revenir sur le contenu de cette étude, et les différentes synthèses, interprétations qui ont été produites par la suite pour vous donner notre avis sur l’impact de cette démographie sur l’exploitation d’officine.

Le contenu de cette étude est riche d’enseignements. Factuellement le panorama confirme des tendances déjà mesurées ces dernières années :

  • on constate un vieillissement de la population globale des pharmaciens : le nombre de pharmaciens inscrits de plus de 66 ans a progressé de 3,2% (2016 vs 2015). Ceci est particulièrement vrai  chez les titulaires (moyenne d’age des inscrits progresse de 2 ans en dix ans pour atteindre 50,3 ans en 2016).
  • la tendance à la féminisation de la profession se confirme avec une proportion de 67,3% en 2016 pour les femmes soit 1,8 point de plus qu’en 2006. Cette proportion est impactée lourdement par la section D ou 81,2% des pharmaciens adjoints sont des femmes. La section D étant la plus importante en nombre de tous les tableaux (36,9%) avec la section A (36,1%) ou l’on note un déséquilibre moins important entre hommes (45,3%) et femmes (54,7%).
  • le renouvellement toujours assez bas malgré une augmentation du numérus clausus depuis 2008 : le numérus clausus a augmenté de 36% cependant dans le même temps le taux de non inscription à l’ordre est passé lui de 15% en 2007 à 36,6% – son plus haut- en 2016. On constate le métier de pharmacien n’attire pas 1/3 des jeunes qui sortent diplôme en poche. Spécifiquement pour la pharmacie d’officine, on note que les postes ouverts pour cette filière bien que majoritaire est en baisse constante sur la même période au profit de la filière biologie médicale.
  • Mobilité : concernant les nouveaux inscrits, on note que 2 tiers des pharmaciens s’inscrivent dans leur région d’origine. C’est moins vrai pour les personnes diplômées en Ile-de-France.

À la suite de la publication de cette étude, la presse s’est fait le relais de la mise en avant par l’ordre de ce « renouvellement ». Ce n’est pas nos habitudes de faire les oiseaux de mauvaise augure mais fort est de constater que ce « bain de jouvence » comme certains l’ont écrit est l’arbre qui cache la forêt.

Le non-renouvellement des pharmaciens titulaires est et sera mécanique. Non pas seulement parce qu’une partie du réseau est composée d’officines qui ne sont pas « au goût du jour » pour certain jeune pharmacien ou « aux normes » pour d’autres ou encore que la reprise n’offre pas des conditions de travail qui leur conviennent. Simplement car en passant de quelques 600 pharmaciens titulaires qui atteignent les 65 ans pas en 2016 à plus de 2000 en 2020, ce ne sont plus 150 à 200 officines qui disparaitront chaque année mais potentiellement 3 à 5 fois plus. C’est une opportunité pour les titulaires en place qui verront leur officine grossir et de leur donner des moyens d’investir pour améliorer leur outil. Espérons que cela donnera le goût d’entreprendre aux jeunes pharmaciens diplômés là ou aujourd’hui 1/3 d’entre eux quittent la filière avant d’avoir commencé à travailler. Une baisse des prix des officines petite à moyenne se profile et cela redonnera un équilibre investissement / risque raisonnable.

Dossier : L’optique en pharmacie

Aujourd’hui, il est nécessaire pour les pharmaciens de développer de nouveaux services au sein de leurs officines afin de prendre toute leur place dans le nouveau paysage de la santé. Une nécessité qui passera donc par de nouvelles offres avec des stratégies plus ciblées, des rayons spécialisés et des missions de conseils personnalisés. Ainsi, les pharmaciens doivent s’affirmer comme les spécialistes multiservices de santé de proximité en intégrant de nouveaux métiers comme déjà la diététique et maintenant celui de l’optique avec, notamment, l’arrivée de corner proposé par de nouveaux acteurs comme Optic & Price ou des acteurs plus historiques comme Afflelou ou Optic 2000. Mais, est ce la bonne option pour toutes les pharmacies pour développer sa pharmacie ? Deux titulaires nous livrent leur témoignage.

 

Des acteurs de l’optique à l’assaut du secteur officinal

L’optique en officine attise décidemment les convoitises. Après la vente de lunettes loupe, de lunettes lecture ou encore de lunettes de soleil, désormais, certaines vont proposer à la vente des lunettes médicales de vue. Une pratique commerciale désormais autorisée par la loi Macron qui permet aux opticiens de pouvoir exercer leur métier en dehors d’un magasin attitré. Après Unilens (Le Carré de l’Optique), Evioo, Optic & Price et le lancement du concept Happyview par le groupe Afflelou, c’est au tour d’Optic 2000 d’investir le marché officinal au travers d’Otiko

 

Chaque acteur propose son propre service et a son propre modèle de partenariat avec les pharmaciens. Ainsi, Unilens’, qui a lancé en 2012 les «Carré de l’optique», aide les pharmaciens à installer l’espace optique, à recruter un opticien et s’occupe des achats.

Tandis que le dernier arrivé sur le marché prévoit une mise à disposition du meuble Otiko installé en officine et un partage de marge entre les professionnels de santé que sont le pharmacien et l’opticien. L’opticien Optic 2000 devra également s’engager à assurer une présence d’un opticien dans la pharmacie d’au moins une demi-journée par semaine. Ce temps sera consacré à l’échange avec les porteurs sur rendez-vous et à la remise des équipements.

De son côté, Afflelou propose des lunettes low-cost avec son concept Happyview. Le pharmacien intéressé pourra équiper, moyennant 340 euros, son officine d’une borne interactive. Elle permettra la commande autonome de montures par le client. Les montures seront retirées ensuite toujours dans l’officine et le professionnel touchera 25% du chiffre d’affaires généré par la borne.

 

Pour les pharmaciens, une bonne aubaine puisque les marge en lunetterie sont deux fois plus élevées que celles des médicaments représentant, ainsi, un fort relais de croissance pour leurs officines. De leur côté, confrontés à un marché en forte stagnation, les leaders de l’optique sont à la recherche de nouvelles voies de diversification et aussi de distribution de leurs produits. Les officines pourraient, donc, représenter pour eux de nouveaux canaux de distributions et de nouvelles opportunités d’exercer leur métier.

 

Deux pharmaciens, deux avis

Installés depuis 10 ans au sein d’une commune rurale en Bretagne, 2 titulaires ont fait le pari de l’optique dans leur pharmacie dans l’objectif de proposer de nouveaux services à leur patientèle et de dynamiser le développement de l’officine. « Une solution en adéquation avec le territoire puisqu’au moment de l’installation du corner à la pharmacie, il n’y avait pas d’opticien dans la commune » précise Mme Duval, titulaire. Cette pharmacie a choisi de collaborer avec Optic&Price qui fonctionne sur le principe d’une franchise en proposant un agencement, un stock d’environ 800 paires de lunettes de vue, de soleil, lentilles et accessoires et le matériel pour installer un espace d’examen de la vue. Chaque corner est animé par un opticien. « Notre choix s’est porté vers Optic&Price car nous ne pouvions pas concevoir un corner optique sans un opticien qui puisse délivrer le conseil associé et soit habilité à faire des examens de la vue» confirme Mme Lequellec, titulaire. « En plus Optic&Price propose des montures et des verres de qualité pour un prix raisonnable. Dans 8 cas sur 10, après remboursement de la mutuelle, le patient n’a pas de supplément, autant d’arguments qui ont confirmé notre choix de travailler avec cette enseigne ». 6 mois après la mise en place, les deux titulaires sont satisfaites de leur choix. En fonction de l’investissement opéré et le recrutement d’un opticien, le résultat est positif et les ventes des lunettes correspondent aux objectifs fixés « bien qu’un opticien se soit aussi installé depuis » ajoute Mme Duval.

 

De son côté, Mme Blasac, pharmacienne d’une officine de quartier dans une ville de plus de 30 000 habitants nous livre son expérience de l’optique dans sa pharmacie.  Installée depuis le 1er juillet 2016, avec son associée, elles ont repris la pharmacie au sein de laquelle elles étaient assistantes auparavant.  Depuis 6 ans, cette officine proposait à ses patients un corner optique via l’offre proposée par son groupement Univers Pharmacie.  « Au moment du lancement de ce service par le groupement, 10 pharmacies se sont lancées sur les 150 adhérents. Aujourd’hui, seulement, 2 pharmacies proposent toujours une offre d’optique » explique Mme Blasac.  De leur côté, les 2 titulaires ont elles aussi choisi de stopper ce service. Pourquoi ? « Le chiffre d’affaire mensuel généré par l’optique couvrait à peine le coût des charges salariales de l’opticien ainsi que la redevance mensuelle pour le groupement. En plus, nous devions faire l’acquisition tous les mois d’un stock de lunettes correspondant aux commandes des patients. Finalement, ce service n’était pas rentable. » raconte Mme Blasac.  « Il y a 6 ans, l’ancien propriétaire était précurseur au sein du groupement avec l’ouverture d’un corner optique et avait acquis l’ensemble du matériel et fournitures pour l’installation d’une pharmacie qui fermait son corner optique, ce qui a permis d’avoir un faible investissement initial. » ajoute t’elle.  D’où l’importance, avant de se lancer et d’investir, de réaliser une étude bien précise de sa patientèle, de ses besoins et de son évolution dans le temps. « Afin de rentabiliser notre corner optique, et comme le confirmait Antoine Garnier de Pharexcel, nous devions recenser au moins 400 passages patients par jour. Alors que nous étions à 200 et qu’il était difficile de recruter de nouveaux patients. » conclut Mme Blasac.

 

Et, vous, avez-vous une expérience de l’optique dans votre pharmacie ? Êtes-vous tentés par ce concept pour développer votre officine ?

 

 

Témoignage de Claire Soulard, pharmacienne

Claire Soulard, pharmacienne, partage avec vous sa collaboration avec notre équipe !

Dans quelles conditions, avez-vous fait appel à PHAREXCEL ?

Installée depuis 10 ans dans une pharmacie dans une petite ville de plus de 5000 habitants, je souhaitais, pour des raisons familiales, céder mes parts à mon associé et quitter cette pharmacie. Aussi, sur les conseils de plusieurs amis pharmaciens, je me suis tournée vers PHAREXCEL afin que l’agence m’accompagne, dans un premier temps, dans l’évaluation de mes parts.

Comment s’est déroulée cette mission ?

Etant donné que je détenais 65% des parts, la vente était assez compliquée d’autant plus que nos interlocuteurs financiers étaient partie prenante du fonctionnement de la pharmacie donc pas très objectifs sur le montant des parts. J’avais donc besoin d’un avis extérieur que m’a apporté Antoine Garnier de PHAREXCEL grâce à une étude objective du marché, du stock et du potentiel de la pharmacie.

Et, la suite ?

En parallèle de cette évaluation, mon associé faisait des recherches pour trouver un nouvel associé. Mission qui prenait beaucoup de temps et qui finalement n’aboutissait pas. Aussi, contente de ma 1ère collaboration avec Antoine Garnier, nous l’avons mandaté pour identifier ce nouvel associé. Il a su parfaitement comprendre les enjeux de la pharmacie et vendre son potentiel puisque la 1ère personne qui nous a été présentée a rencontré notre approbation.

Qu’avez-vous pensé de votre collaboration avec PHAREXCEL ?

J’ai été ravie de nos échanges clairs et francs qui ont permis d’arriver rapidement à des solutions. Il a su, dans des moments compliqués de la négociation, me rassurer, me soutenir et me conforter dans mes choix afin de me donner confiance à chaque étape.

Versement des ROSP Générique : vous les attendiez, elles arrivent !

Depuis mi-mai, la Caisse Nationale d’Assurance Maladie procède au règlement des rémunérations sur objectifs de santé publique pour l’année 2016. Le montant global de la ROSP s’élèverait pour 2017 à 140 millions d’euros soit une moyenne entre 5 500 et 6 000 euros par officine.  L’objectif national de pénétration des génériques est fixé pour cette année à 86 %. Pour les départements dont le taux de pénétration des génériques est égal ou supérieur à 86 % au 31 décembre 2016, l’objectif est de maintenir ce taux sur l’année 2017 sur la base du répertoire du 30 juin 2016. Pour les autres, l’objectif est d’atteindre le taux de 86 % au 31 décembre 2017. Le même principe est appliqué pour les objectifs individuels des pharmacies.

Pour rappel, un pharmacien ne respectant pas le dispositif « tiers payant contre générique » et présentant un taux de substitution inférieur à 70 % pourrait faire l’objet d’une procédure de sanction.

Zoom sur les différentes facettes du pharmacien

Dans un contexte économique et démographique compliqué, il est temps, selon nous, que les pharmaciens d’officine se regroupent pour assurer leur développement et leur survie. Une réflexion qui nécessite un changement de point de vu vis à vis des pharmaciens aux alentours en les considérant comme des confrères plutôt que comme des concurrents. Pourtant, même s’il est clairement identifié qu’il est nécessaire d’arriver à cette logique, bon nombre de titulaires expriment certaines réticences. Grégory Reyes, maître de conférence à l’IAE de Poitiers, nous apporte son éclairage. Ses différents travaux autour de l’entrepreneuriat et les pharmaciens l’ont conduit à mieux appréhender leurs différents profils et leur logique de développement de l’officine.

 

1 – Dans votre article, vous nous parlez de la double identité du pharmacien : entre professionnel de santé et commerçant pour assurer la survie de son entreprise. Qu’est ce que cela implique dans le quotidien du pharmacien ?

De récentes recherches ont finalement démontré que le pharmacien n’avait pas deux identités mais plusieurs facettes :

  • Celle du commerçant
  • Celle de l’expert du médicament
  • Celle de l’acteur de santé de proximité qui soigne, en priorité, les petits bobos
  • Celle du dirigeant qui prend les décisions

Soit autant de facettes qui impactent la pratique de son métier à l’officine et le rôle qu’il va assurer. Tour à tour, il pourra endosser ses rôles dans son quotidien. On est bien d’accord, que c’est un peu le pharmacien idéal que je décris. En effet, il faut aussi être capable d’assurer ses rôles et certains auront plus de facilités en fonction de leur personnalité.

 

2 – Est ce que l’une ou l’autre n’a pas tendance à prendre le pas sur l’autre ? Si oui, plutôt laquelle selon vous ?

La facette du commerçant est celle qui est la moins acceptée par le pharmacien titulaire car cela fait référence à l’épicier qui pour lui correspond à une image négative. C’est un peu un désaveu de son métier. Pourtant, c’est une facette de la personnalité du pharmacien qui est nécessaire encore plus dans le contexte économique actuel. Si effectivement, il y en a une qui prend le pas sur l’autre, ce sera sans doute celle de l’expert du médicament / professionnel de proximité plus valorisante. Mais, cela dépend aussi de la taille de l’officine et de la masse salariale. Ainsi, si le volume d’affaire est important et donc l’équipe aussi, le pharmacien aura tendance, et peut être malgré lui, à endosser davantage son costume de dirigeant. C’est, donc, l’outil mais aussi les choix et les envies du pharmacien qui orienteront la dominance d’une des facettes.

 

3 – Est ce que la dualité des ces 2 identités peut avoir des conséquences sur les choix stratégiques de développement adoptés par le pharmacien ?

Indéniablement, le développement de la pharmacie dépend des différentes facettes du pharmacien car elles impliquent une pratique spécifique du métier et une gestion particulière de l’officine.

 

4 – Nous ressentons certaines réticences du pharmacien lors de problématiques de fusion ou de rapprochement avec d’autres pharmacies, qu’est ce qui explique cela selon vous ?

Cette réticence du pharmacien à se regrouper peut s’expliquer selon plusieurs critères :

  • Générationnel : les pharmaciens plutôt ancienne génération ont tendance à penser que leur officine est leur pré-carré et n’ont pas d’envie de partage. Contrairement aux plus jeunes qui y voient un intérêt pour couvrir le marché.
  • Individualisme : un trait de caractère assez typique des pharmaciens contrairement aux autres professions de santé comme les médecins. Pourtant l’individualisme peut être un risque pour le développement de la pharmacie. Cela est moins vrai pour les jeunes.
  • Peur : peur de l’inconnue, peur de perdre sa liberté. Le pharmacien gérait tout seul son officine donc maitrisait au mieux son outil de travail et était son propre chef. En se regroupant, en gérant l’officine à 2, il a peur de perdre son indépendance.

Pourtant se regrouper permet aux pharmaciens de créer de nouveaux services et de mutualiser des compétences comme la communication, les achats, le management… sans être dépossédé de son outil de travail. Dans l’idéal, travailler à 2 nécessite de trouver un associé complémentaire pour assurer toutes les facettes du pharmacien.

 

5 – Pensez-vous que le pharmacien d’officine pourrait suivre le modèle des pharmaciens biologistes en misant davantage sur une logique de volume et d’échelle pour faire évoluer son officine ?

Actuellement la réglementation n’autorise pas les pharmaciens à se regrouper sous une même enseigne comme les pharmaciens biologistes ou aussi les opticiens. A mon sens, il n’y a pas un modèle économique meilleur qu’un autre. Il y a de la place pour tous les types d’officines. Les grosses pharmacies avec des prix attractifs et compétitifs mais qui auront plus de difficultés à assurer un service de proximité comme par exemple celles situées dans les centres commerciaux. Ou bien, les pharmacies plus rurales qui misent sur le conseil et eux sur la proximité pour une population plus vieillissante. Ces 2 modèles se justifient car ils répondent chacun à des besoins différents et exprimés par les patients.

Edito Newsletter N°45 – Antoine Garnier

Le contexte actuel est à l’inertie. C’est compréhensible étant donné les incertitudes politiques qui règnent.

Ces incertitudes seront levées rapidement… Cependant des aspects de l’exploitation d’officine nous semblent aujourd’hui certain : la pression sur le modèle économique de l’officine amène à une recherche d’économies ou d’amélioration de l’exploitation . Combiné au besoin de renouvellement générationnel à la tête des officines, cela implique que les pharmaciens titulaires préparent cette transmission à travers 3 axes :

  • une valorisation juste de leur outil pour permettre à un primo-accédant de s’installer dans des conditions de financement acceptable en terme de risque,
  • une restructuration de leur exploitation sur leur zone de chalandise qui peut impliquer un regroupement, un transfert ou un rachat de clientèle quand ils en ont le temps (3 à 6 ans en amont de leur projet de transmission),
  • l’intégration d’un(e) jeune associé(e) qui puisse reprendre à terme l’ensemble de l’officine ou intégrer à son tour un autre associé pour transmission définitive de l’officine.

Tous ces évènements nécessite anticipation et réflexion. La mission de PHAREXCEL est de vous fournir une aide à la décision et de vous accompagner dans l’accomplissement de votre objectif de transmission.

Entrée des adjoints dans le capital de l’officine

Désormais, selon un décret publié début avril au Journal officiel, les pharmaciens adjoints pourront entrer au capital des officines dans lesquelles ils travaillent mettant, ainsi, fin aux craintes de la profession de l’entrée d’investisseurs extérieurs. Ils pourront acquérir jusqu’à 10% des parts tout en restant salarié. Un atout majeur pour les adjoints de mettre un pied dans l’association sans en subir les contraintes. Cependant, selon nous, ce dispositif peut avoir un effet bloquant et compliquer le processus en cas de vente ultérieure de la pharmacie. Au moment de l’opération, il est important que le titulaire s’interroge sur ses motivations vis à vis de son adjoint. Par exemple, s’il souhaite en faire son associé en vue d’une transaction à terme, autant prévoir d’emblée cette association. Par contre, si l’entrée au capital au capital est un moyen de fidélisation, il est préférable de recourir à d’autres solutions, comme l’intéressement ou une augmentation de la rémunération.