Interview : Jérome Bourdeau, Expert Comptable Associé et référent pharmacies chez STECO à Poitiers

Le groupement CGP dont STECO fait partie a publié des statistiques complètes sur l’économie de l’officine sur l’exercice 2016 ainsi que sur le contexte de cession.

Vous avez commenté récemment dans un article du Moniteur des Pharmaciens ces statistiques en parlant de « ratio cohérent » à près de 7 fois l’EBE.

  1. Aux vues du contexte d’incertitude lié à l’exploitation d’officine et au contexte baissier, ne sommes-nous pas sur des ratios encore trop élevés à l’heure où une génération entière de pharmaciens titulaires est à renouveler ?

Il est certain que des incertitudes pèsent sur le métier de la pharmacie, mais comme dans beaucoup d’autres métiers. Et que fort heureusement la notion de performance économique s’est substituée aux habitudes ancestrales de valorisation qui étaient déconnectées des réalités en ne se basant que sur le Chiffre d’Affaires.

Mais, derrière cette psychose collective et angoissante trop fortement répandue à mon gout, il n’en demeure pas moins également que l’activité pharmaceutique en officine reste, globalement, un commerce dont le niveau de marge est très correct en comparaison aux autres activités commerçantes. Et c’est bien légitime compte tenu de la technicité, de la compétence des pharmaciens. Et que donc l’évolution de la valorisation moyenne qui est observée depuis plusieurs années est en baisse sans toutefois aboutir à des dégradations subites et vertigineuses. Je dirais qu’il y a une sorte d’atterrissage en douceur des valeurs pour les rapprocher d’une valeur de négociation cohérente avec la valeur réelle. Et j’ajouterai que s’il fallait une preuve à tout ceci, nous la trouvions dans le fait que les financeurs, dont les banquiers, continuent à considérer que le secteur est un marché porteur et moins à risque que beaucoup d’autres. Après, bien évidemment, ce généralisme masque des situations individuelles qui sont extrêmement diverses.

Pour répondre à la question de la pertinence ou non du ratio de 7 EBE, il faudrait analyser par conséquent ces situations individuelles et l’on aboutirait sans nul doute à des conclusions très différentes. Et l’on remarquerait sans doute qu’au-delà des seuls chiffres, les comportements et l’état des esprits tant des acheteurs que des vendeurs ont besoin d’évoluer. Une bonne négociation nécessitera toujours que les intérêts des 2 parties soient respectés, que le « rapport de force » soit équilibré. Et par exemple, il est certain que si le pharmacien qui vend son officine reste figé sur un prix de cession ne permettant pas à l’acheteur de pouvoir économiquement financer son acquisition, la transaction sera pour le moins difficile, pour ne pas dire impossible.

 

  1. Des pharmacies disparaissent, alimentant ainsi une croissance externe des pharmacies en place, et parallèlement les banques demandent de plus en plus de garanties et d’apport pour financer. Face à ce phénomène de taille d’officine grandissante et de demande d’apport croissante, quelles solutions trouver pour des jeunes aux moyens limités pour s’installer ?

Deux questions se posent en fait. Tout d’abord celle du financement de l’économie par les banques et donc de leur comportement général, puis celle du financement de l’officine.

A mon sens, il faut plus attribuer les demandes de garanties et apports toujours plus importants à la conjoncture économique générale qu’au secteur des pharmaciens. En effet, nous observons ce même phénomène dans toutes les demandes de financement qui sont préparées par notre cabinet, que ce soit pour des créateurs, repreneurs, ou structures déjà en place. Et c’est sans doute ce durcissement des critères bancaires qui contribue aussi au développement des investisseurs privés, dans le prolongement de la mise en place d’un outil juridique adapté (SPFPL).

Si l’on revient à la problématique du financement et de la taille critique des officines, là encore les possibilités sont nombreuses. Et dans l’ordre des priorités, je dirais que le facteur numéro 1 devrait selon moi être le choix de vie que souhaite réaliser le jeune qui s’installe. Veut-il réaliser un premier investissement qui sera un tremplin pour un second ? Souhaite-t-il s’installer durablement dans telle région ? Croit-il à un type d’officine plus qu’un autre ? Se voit-il avec une pharmacie plus importante et plus rentable mais aussi plus engageante et contraignante, ou préfère-t-il un outil de travail plus mesuré et conforme à ses capacités ? Etc. Ce sont les premières questions. Rien ne serait pire pour lui que de se mentir, de « sauter sur la première occasion », de ne pas tenir compte de ses envies ou de celles de sa famille. C’est le plus sûr moyen de courir vers un échec. Donc la première solution pour limiter les besoins de financement et contourner les demandes trop importantes d’apport est de choisir un projet avec une taille adaptée.

Sinon, pourquoi pas, l’ouverture du capital à un tiers investisseur pour compléter son apport sera la solution. On observe cela dans de plus en plus de transactions. Outre l’intérêt évident de garantie pour la banque, le fait d’avoir un tiers investisseur peut aussi être un atout en matière de gestion, d’accompagnement, avec néanmoins le risque lié à l’association.

Dans la liste non exhaustive des solutions, l’on doit aussi rappeler que la recherche d’une performance commerciale à partir d’une stratégie bien pensée pourra être un élément déterminant dans la crédibilité du projet présenté aux financeurs.

 

  1. Dans ce contexte, quels conseils donner aux jeunes pharmaciens qui ont l’ambition de s’installer ?

En résumé, je dirais que si l’on devait donner un conseil aux jeunes qui s’installent, c’est de bien penser à leur projet dans sa globalité. Une réflexion axée sur certains paramètres (prix, taille par exemple) en négligeant les autres (type de pharmacie, évolution de l’environnement, etc.), est à proscrire.

De plus, l’acheteur doit faire preuve de souplesse en acceptant l’idée que le projet parfait sous tout rapport n’existe jamais. Des concessions sont toujours nécessaires, les souhaits doivent être identifiés et surtout priorisés, et permettront d’aboutir au choix.

 

  1. Les mécanismes tels que les regroupements, l’intégration avant départ d’associé minoritaire ou l’anticipation par montée au capital d’un adjoint, vous paraissent-ils pertinents dans la transmission de demain ?

Il me semble évident, dans l’intérêt du vendeur, que l’intégration progressive d’un adjoint, y compris capitalistiquement, est une solution d’avenir. Elle réduit les risques de tout le monde et rend le financement plus adéquat. Moins d’emprunt, garantie par la présence du vendeur au capital, implication de l’acquéreur dans la gestion et donc intérêt à la valorisation de son actif, et donc de celui du vendeur, apprentissage progressif des notions de gestion, etc. Mais cela implique aussi de retenir le principe habituellement observé que la valorisation d’une minorité du capital se fait avec une décote de minorité.

 

  1. Les récentes évolutions du PFLSS vous paraissent-elle favoriser le renouvellement des générations (abrogations régime faveur retraite…) ?

Il est difficile de répondre à cette question dans le sens ou certaines mesures sont contraignantes et d’autres sont incitatives, et que comme souvent les commentateurs ont tendance à appuyer sur les aspects négatifs. Je crois simplement que les décisions prises ne font que confirmer une tendance de fond observée depuis longtemps. A savoir que les prestations annexes sont encouragées et donc les honoraires de dispensation favorisées, au détriment des médicaments vignettés.

Il faut donc à mon sens y voir une nécessaire évolution de notre système de santé, incontournable en tous cas, et qui malgré les apparences offre de nombreuses opportunités à ceux qui veulent bien s’en saisir. D’où l’obligation à mon sens pour le jeune pharmacien, malgré pourquoi pas des réticences a priori, de s’intéresser à toutes les possibilités, de les étudier, avant de faire des choix. On le voit bien, pour des raisons dogmatiques, certains disaient encore il y a peu que vacciner n’était pas leur métier alors que finalement aujourd’hui certains se sont saisi de cette possibilité pour accroître leur chiffre d’affaires tout en renforçant, et c’est peut-être là le plus important, leur image de professionnel de la santé alors que pendant des années ils étaient peut-être plus perçu comme des « revendeurs de médicaments ». Il ne faut pas sous-estimer l’impact de cette évolution.

Alors si l’on accepte cette idée de nécessaire transition, on peut admettre que le récent PFLSS poursuit la modernisation de notre système et favorise les perspectives d’avenir de ceux qui entreront avec volontarisme dans cette nouvelle ère.

 

  1. STECO a récemment fait appel aux services de Christophe Valtaud, collaborateur associé de Pharexcel pour former les collaborateurs STECO, pourquoi ce choix ?

Le Cabinet STECO pense que notre volonté de conseiller nos clients n’est possible que si nous sommes des spécialistes suffisamment précis de leurs activités. Nous souhaitions donc connaître le métier du pharmacien, pratiquement aussi bien qu’un titulaire, en allant loin dans cette connaissance (cursus de formation, grandes familles de médicaments et molécules, obligations ordinales et réglementaires, rôle des intervenants du secteur comme les grossistes, etc.). Et nous avons donc pensé qu’obtenir une formation d’un professionnel de l’exercice officinal et de la transaction était probablement la solution la plus efficace. D’où notre choix d’un professionnel qu’au demeurant nous connaissions bien. Et ce choix a été une excellente chose pour les associés et collaborateurs qui ont suivi les 3 jours de formation.

Zoom sur les différentes facettes du pharmacien

Dans un contexte économique et démographique compliqué, il est temps, selon nous, que les pharmaciens d’officine se regroupent pour assurer leur développement et leur survie. Une réflexion qui nécessite un changement de point de vu vis à vis des pharmaciens aux alentours en les considérant comme des confrères plutôt que comme des concurrents. Pourtant, même s’il est clairement identifié qu’il est nécessaire d’arriver à cette logique, bon nombre de titulaires expriment certaines réticences. Grégory Reyes, maître de conférence à l’IAE de Poitiers, nous apporte son éclairage. Ses différents travaux autour de l’entrepreneuriat et les pharmaciens l’ont conduit à mieux appréhender leurs différents profils et leur logique de développement de l’officine.

 

1 – Dans votre article, vous nous parlez de la double identité du pharmacien : entre professionnel de santé et commerçant pour assurer la survie de son entreprise. Qu’est ce que cela implique dans le quotidien du pharmacien ?

De récentes recherches ont finalement démontré que le pharmacien n’avait pas deux identités mais plusieurs facettes :

  • Celle du commerçant
  • Celle de l’expert du médicament
  • Celle de l’acteur de santé de proximité qui soigne, en priorité, les petits bobos
  • Celle du dirigeant qui prend les décisions

Soit autant de facettes qui impactent la pratique de son métier à l’officine et le rôle qu’il va assurer. Tour à tour, il pourra endosser ses rôles dans son quotidien. On est bien d’accord, que c’est un peu le pharmacien idéal que je décris. En effet, il faut aussi être capable d’assurer ses rôles et certains auront plus de facilités en fonction de leur personnalité.

 

2 – Est ce que l’une ou l’autre n’a pas tendance à prendre le pas sur l’autre ? Si oui, plutôt laquelle selon vous ?

La facette du commerçant est celle qui est la moins acceptée par le pharmacien titulaire car cela fait référence à l’épicier qui pour lui correspond à une image négative. C’est un peu un désaveu de son métier. Pourtant, c’est une facette de la personnalité du pharmacien qui est nécessaire encore plus dans le contexte économique actuel. Si effectivement, il y en a une qui prend le pas sur l’autre, ce sera sans doute celle de l’expert du médicament / professionnel de proximité plus valorisante. Mais, cela dépend aussi de la taille de l’officine et de la masse salariale. Ainsi, si le volume d’affaire est important et donc l’équipe aussi, le pharmacien aura tendance, et peut être malgré lui, à endosser davantage son costume de dirigeant. C’est, donc, l’outil mais aussi les choix et les envies du pharmacien qui orienteront la dominance d’une des facettes.

 

3 – Est ce que la dualité des ces 2 identités peut avoir des conséquences sur les choix stratégiques de développement adoptés par le pharmacien ?

Indéniablement, le développement de la pharmacie dépend des différentes facettes du pharmacien car elles impliquent une pratique spécifique du métier et une gestion particulière de l’officine.

 

4 – Nous ressentons certaines réticences du pharmacien lors de problématiques de fusion ou de rapprochement avec d’autres pharmacies, qu’est ce qui explique cela selon vous ?

Cette réticence du pharmacien à se regrouper peut s’expliquer selon plusieurs critères :

  • Générationnel : les pharmaciens plutôt ancienne génération ont tendance à penser que leur officine est leur pré-carré et n’ont pas d’envie de partage. Contrairement aux plus jeunes qui y voient un intérêt pour couvrir le marché.
  • Individualisme : un trait de caractère assez typique des pharmaciens contrairement aux autres professions de santé comme les médecins. Pourtant l’individualisme peut être un risque pour le développement de la pharmacie. Cela est moins vrai pour les jeunes.
  • Peur : peur de l’inconnue, peur de perdre sa liberté. Le pharmacien gérait tout seul son officine donc maitrisait au mieux son outil de travail et était son propre chef. En se regroupant, en gérant l’officine à 2, il a peur de perdre son indépendance.

Pourtant se regrouper permet aux pharmaciens de créer de nouveaux services et de mutualiser des compétences comme la communication, les achats, le management… sans être dépossédé de son outil de travail. Dans l’idéal, travailler à 2 nécessite de trouver un associé complémentaire pour assurer toutes les facettes du pharmacien.

 

5 – Pensez-vous que le pharmacien d’officine pourrait suivre le modèle des pharmaciens biologistes en misant davantage sur une logique de volume et d’échelle pour faire évoluer son officine ?

Actuellement la réglementation n’autorise pas les pharmaciens à se regrouper sous une même enseigne comme les pharmaciens biologistes ou aussi les opticiens. A mon sens, il n’y a pas un modèle économique meilleur qu’un autre. Il y a de la place pour tous les types d’officines. Les grosses pharmacies avec des prix attractifs et compétitifs mais qui auront plus de difficultés à assurer un service de proximité comme par exemple celles situées dans les centres commerciaux. Ou bien, les pharmacies plus rurales qui misent sur le conseil et eux sur la proximité pour une population plus vieillissante. Ces 2 modèles se justifient car ils répondent chacun à des besoins différents et exprimés par les patients.

Evolution de la rémunération : quelles conséquences économiques ?

Depuis le 1er janvier 2015, les pharmaciens ont vu leur rémunération évoluer valorisant notamment leur rôle de conseil auprès des patients. Mais, concrètement et économiquement, quels ont été les impacts de ce changement dans l’économie de l’officine ? Philippe Becker, Directeur du département Pharmacie chez Fiducial, nous répond.

 

Depuis l’évolution de la rémunération des pharmaciens en 2015 puis 2016, Quelles conséquences avez vous pu constater sur la performance de l’officine?

Nous avons une vision un peu parcellaire car notre dernière étude statistique Fiducial portant sur 2015 intègre pour partie le nouveau système de rémunération. Nous nous sommes néanmoins  attachés à suivre la marge brute qui regroupe la marge commerciale, les prestations, les honoraires et aides diverses. Nous n’avons pas constaté de dégradation particulière puisque en 2014 sur « l’ancien mode » la ratio marge brute sur chiffre d’affaires HT ressortait à 31.34% (toute population confondue) et qu’il ressort à 31.63% en 2015. Ce tout dernier chiffre est à corriger légèrement à la baisse des effets de rattrapage de coopérations commerciales « ancien régime » qui ont été versées en 2015; En ce qui concerne la rentabilité, on note tout au plus, un léger affaiblissement de l’excédent brut d’exploitation qui perd 0.45 % en 2015. Cela étant précisé, cette évolution est essentiellement liée à la progression des frais de personnel en 2015 et non au nouveau système de rémunération.

 

– Quels effets envisager sur la prévision de l’exploitation d’officine dans le moyen et long terme et la lecture que ceux qui financent les reprises d’officine pourront en avoir ? 

En fait un nouvel indicateur de gestion va s’imposer : il s’agit de la marge brute qui intègre la globalité des modes divers et variés de rémunération du pharmacien. Même si le système de rémunération évolue dans le futur, ce ratio  restera fiable et pertinent car il cumule l’activité « ventes comptoir » et l’activité honoraires et prestations. Dire comment ce ratio va « bouger » dans le temps est bien difficile tant les paramètres qui influent sur lui sont nombreux. Il faut espérer une stabilité dans un premier temps. C’était l’objectif de ceux qui ont négocié avec le Ministère de la Santé.

 

– Y voyez vous également un facteur de changement dans la valorisation des officines ?

Actuellement la valorisation des officines mixe l’approche traditionnelle basée sur le chiffre d’affaires et l’approche basée sur un multiplicateur de la rentabilité déterminée à partir de l’excédent brut d’exploitation avant les rémunérations et charges des titulaires – Disons que la rentabilité semble prendre le pas : c’est une bonne nouvelle pour les acquéreurs car ce critère d’évaluation d’une officine est logique et sécurisant. On peut aussi imaginer que la marge brute globale soit retenue dans les prochaines années comme un élément de calcul du prix des pharmacies.

 

– Cette réforme a t’elle comme il a été dit régulièrement crée une dépendance forte à la vente de boites de paracétamol ?

Disons que cette réforme aura des effets bénéfiques si les pharmaciens parviennent à faire en sorte de moins lier  leurs résultats avec des facteurs exogènes (Politique de Sante – déficit sociaux etc) et aussi qu’ils puissent, au travers de nouvelles missions, mieux être rétribué et mettre en avant leur compétences et leur utilité. C’est une longue marche qui vient juste de commencer !

 

 

Avis d’expert: Didier Dourlen d’Eurolease sur la location financière

Présentez nous l’activité d’Eurolease ?

Eurolease finance des projets des pharmacies dans toute la France via les fonds propres de la CERP. Notamment des projets relatifs aux biens d’équipement : informatique, mobilier, robots, croix, agencement…

 

Pouvez-vous nous expliquer la différence entre une banque et votre activité ?

Nous sommes complémentaires. En effet, il sera souvent évident pour un pharmacien de contractualiser avec une banque pour des projets plutôt à long terme comme l’achat de murs ou de fond de commerce. Tandis que pour des projets à moyen terme comme de l’agencement, il préfèrera s’orienter vers de la location financière.

 

Expliquez nous comment fonctionne la location financière ?

Quand le pharmacien opte pour la location financière, nous nous chargeons de régler les acomptes des fournisseurs et de gérer les dossiers avec l’ensemble des interlocuteurs d’un même projet. Aucun frais de dossier ou caution personnelle n’est demandé au pharmacien. De même que nous n’imposons pas une assurance.

 

Quels sont les avantages de sélectionner une solution de location financière ?

Réactivité : pour certaines demandes, l’accord peut être transmis au pharmacien en moins de 24h.

Souplesse : le montant du financement pourra être revu à la hausse comme à la baisse en fonction des l’avancé des projet et très facilement et très rapidement sans avoir besoin de refaire un dossier.

Flexibilité : le pharmacien pourra choisir le montant de ses mensualités en fonction de son projet et de sa trésorerie.

Financière : la présentation du bilan n’est pas déséquilibrée par un nouvel endettement. Cela vous permet donc de préserver votre capacité d’endettement.

Fiscale : les loyers d’une location financière sont 100% déductibles

Avis d’expert : point sur les différents aménagements concernant les SPFPL et les SEL

Interview

Maître Wanda Bataille, notre experte en droit des pharmacies, nous livre son analyse.

 

Que pensez-vous de l’assouplissement des règles de détention du capital des sociétés ?

Cette mesure a tout son sens car elle permettra de faciliter les reprises des officines aussi bien pour les acquéreurs que pour les vendeurs. Par contre, il sera très important pour les pharmaciens titulaires de bien organiser leur association avec notamment la rédaction d’un pacte d’associés.

Par ailleurs, nombreux sont les pharmaciens qui se demandent ce qu’ils pourront faire de leurs parts de SPFPL. A noter : une fois que l’emprunt est remboursé, la SPFPL et la SEL pourront fusionner et le pharmacien aura donc à disposition des parts de SEL qu’il pourra vendre.

Si vous pensez à une association, celle-ci doit s’intégrer dans une réflexion globale concernant la stratégie de développement de votre officine.

 Que pensez-vous de l’intégration du pharmacien adjoint dans le capital d’une SEL ?

A mon avis, ouvrir le capital des SEL aux adjoints me semble être une mesure plus intéressante que la détention des parts dans une SPFPL et donc la détention indirecte des parts d’une SEL. Cette opportunité pour les adjoints n’a, pour le moment, pas rencontré un grand succès. Ceci est compréhensible. Quel est l’intérêt pour un pharmacien adjoint de détenir des parts de SPFPL s’il n’est pas candidat à la reprise de l’officine dans laquelle il exerce sa profession ? Il n’y en n’a pas vraiment à mon sens car la SPFPL est essentiellement un outil de transmission pour l’adjoint. Et, par ailleurs, en dehors de cette perspective de transmission, un titulaire n’a à priori pas non plus d’intérêt particulier à faire participer un adjoint au capital d’une SPFPL.

Par contre, ouvrir le capital des SEL aux pharmaciens adjoints permettrait de pouvoir les intéresser au fonctionnement de l’officine et de les impliquer dans son développement par :

  • la participation aux distributions de dividendes qu’elle permet
  • la participation à la plus-value réalisée lors de la cession des parts de la SEL de pharmacie.

Cette mesure représente donc pour le titulaire un formidable outil de management qui lui permettra d’impliquer son adjoint et de le motiver. Et, si ce dernier évolue dans son plan de carrière, elle facilite la reprise de la pharmacie. Ainsi, l’adjoint fait une SPFPL dans laquelle il apporte ses parts de la SEL et la SPFPL se chargera de racheter les parts du titulaire.

PharExcel, une histoire de famille et une transmission réussie !

Interview avec Alix Garnier

Vous gérez PHAREXCEL depuis 21 ans. Aujourd’hui, vous avez décidé de transmettre votre société à votre fils, Antoine Garnier qui en prendra la gérance et la responsabilité. Pouvez-vous nous expliquer pourquoi avoir fait le choix de transmettre votre entreprise à votre fils ?

Mon fils Antoine, après une première expérience professionnelle à l’international, a choisi de se sédentariser et a envisagé de prendre ma succession dans la société.

Ça a été une grande surprise pour moi mais j’ai accepté qu’il intègre l’équipe.

J’ai eu un grand bonheur à travailler avec lui, à remodeler et réorganiser le travail au sein de la société. J’ai pu apprécier au cours de ces cinq années ses qualités d ‘entrepreneur et de gestionnaire et je sens que le moment est venu de lui céder la place.

Comment s’est passée la transmission ? Comment lui avez-vous transmis votre savoir faire ?

J’ai appris ce métier de façon empirique après avoir fait des études scientifiques alors que mon fils a été formé dans une école de commerce nous avions à nous deux tous les ingrédients pour optimiser le service attendu par notre clientèle .

La transmission s ‘est faite naturellement, Antoine a tout de suite compris ce qu’il fallait changer pour parfaire PHAREXCEL .

Antoine a t’il des projets concernant le développement de PHAREXCEL ?

PHAREXCEL n’étant pas présente partout en France, Antoine souhaite développer notre service sur tout le territoire et également  outre-mer. Il a été aussi sensibilisé par les difficultés des primo-accédants à être financés par les banques et envisage des solutions originales pour faciliter l’accession à l’officine de nos jeunes pharmaciens.

Et vous, allez-vous continuer à suivre les activités de PHAREXCEL ?

J’envisage effectivement de poursuivre une activité en sourdine dans la société, assurer un service après-vente auprès de notre clientèle. Être tout simplement là pour seconder mon fils en cas de besoin, le faire bénéficier de mon expérience et de mon savoir faire. C ‘est un grand bonheur pour moi de voir que l’histoire de PHAREXCEL continue.

 

Rémunération des pharmaciens : l’avis d’expert

Yannick Piljean, expert-comptable, Cabinet Cohésio, bureau de Vannes (56)

Que pensez-vous de la réforme du mode rémunération des pharmaciens ?

J’y suis favorable depuis plus de 10 ans ! Je pense depuis longtemps qu’il faut complètement déconnecter la rémunération des pharmaciens du prix des médicaments. Selon moi, le pharmacien devrait être rémunéré sur les service qu’il rend, il devrait donc percevoir des honoraires hors taxes, à l’instar des médecins. Le problème de la réforme actuelle, c’est qu’elle ne tranche pas dans le vif. Dans notre pays, on ne remet jamais tout à plat. Le gouvernement y va à dose homéopathique…

Quels impacts pensez vous que cette réforme aura sur la santé financière des pharmacies ?

Toutes les pharmacies ne seront pas logées à la même enseigne. Et il y aura, sans doute, plus de perdants que de gagnants. Avec le nouveau système, délivrer une boite de paracétamol rapportera au pharmacien, d’ici 2 ans, 1,03 euro contre 77 centimes aujourd’hui, pour le princeps, et pour le générique, 1,40 euro ou 1.48 euros contre 1.54 aujourd’hui, si le plafonnement des remises sur le générique s’avérait être de 40% ou de 50% . En revanche, la rémunération liée à la délivrance d’une boite de Sutent 50 va passer dans les mêmes délais de 304,63 à 98,43 euros. Les officines qui tireront leur épingle du jeu seront celles implantées dans les grands centres commerciaux, à fort trafic de passage et qui délivrent principalement des médicaments liés à ce que j’appelle la « bobologie ». Ce sera plus compliqué pour les petites pharmacies situées en zones rurales, lesquelles connaissent déjà plus de difficultés.

Comment les pharmaciens peuvent ils s’adapter à ce changement ?

Je pense que le nombre de pharmacies en France va inéluctablement baisser. Il y aura moins d’officines, mais elles seront de plus grosses tailles. Aujourd’hui, c’est l’Etat qui administre la marge ! On le voit bien : Introduction des honoraires dans la rémunération – Incitation à la dispensation de génériques mais encadrement des remises sur achats de ces produits. Les champs d’actions des pharmaciens sont donc limités. Ils ne peuvent agir que sur leurs effectifs et sur leurs frais fixes. Les nouvelles missions ne génèreront pas de marge nette, sauf à augmenter le temps de travail des titulaires. Les dépôts de bilan et les fermetures ont déjà commencé dans les grandes villes. Pour que les petites pharmacies rurales subsistent, et permettent l’optimisation de l’accès au médicament, préconisé par l’article L 5125-3 du Code de la santé publique, il faudrait autoriser les pharmaciens à avoir deux à trois officines, dans leur zone d’influence, une principale dans le chef lieu de canton et une « annexe » ou deux, dans les communes périphériques, pour assurer ce service de proximité. Le regroupement de licence peut aussi être une possibilité financière, par les fusions des licences entre officines. Les regroupements communaux sont la réalité du moment.