Un projet de redéploiement de votre activité : comment calibrer votre investissement ?

PHAREXCEL intervient depuis 20 ans sur la gestion de projets officinaux, dès l’origine du projet, afin d’aider à calibrer correctement l’investissement.
Fort de contacts récents avec des pharmaciens motivés mais un peu perdus quant au chemin à suivre, il nous a semblé intéressant à travers cet éclairage de repréciser la méthode qui est la nôtre et l’accompagnement que nous proposons.

La première rencontre avec un porteur de projet est toujours un rendez-vous très plaisant car on a en face de nous un professionnel qui communique toute sa passion et ses envies, en partageant sa vision d’organisation de l’espace, de lumière, son projet d’équipe…

Cette première étape est toujours clé pour comprendre la nature du projet, la posture qu’incarnera l’équipe ainsi que le/la pharmacien(ne) en face de nous. Cela aboutit généralement à préciser le positionnement de l’officine future.

Verbaliser son projet de pharmacie donne l’énergie de surmonter tous les obstacles : les formalités, les négociations éventuelles entre confrères/consoeurs quand nécessaire, la recherche de financement, et enfin la maîtrise d’oeuvre… Vous connaissez toutes ces étapes clés.

Il y en a une cependant qui semble plus floue pour nombres des pharmaciens que l’on rencontre : le dimensionnement du projet.

Quelle surface ? Sur quel lieu d’implantation ? Pour quel investissement ? Pour quel retour ? Est-ce que je peux y prétendre financièrement ?

Cette litanie de questions est parfois éludée complètement. Soit parce que le lieu et l’enveloppe d’investissement sont prédéfinis, soit parce que le porteur de projet ne comprend pas l’intérêt d’investir dans « l’intelligence » de son projet pour prendre les bonnes décisions.

J’entends ici par « intelligence de projet » une aide à la décision : quel positionnement choisir fonction de la structure démographique de la clientèle sur la zone de chalandise potentielle. Autrement dit  » A quelle clientèle puis-je prétendre tant en qualité qu’en quantité ? « . Quelle emprise de chiffre d’affaires sera la mienne?

Mais également fonction de la structure concurrentielle : si mes concurrents principaux sont performants sur une offre plutôt qu’une autre (une pharmacie « low cost » et une pharmacie « médicale » spécialisée sur certaines pathologies ou services), quel positionnement me permettra d’émerger, pour quelle chiffre d’affaires sur ces segments (catégorie de produits) ?

En croisant toutes les informations liées aux piliers de l’exploitation (clientèle, concurrence, structure médicale, structure commerciale) avec des outils géo-stratégiques, on peut fournir une image fidèle du potentiel délivré par une typologie d’outil et de positionnement, pour ensuite valider un véritable projet d’exploitation économiquement performant – et parfois même plus ambitieux que celui initialement imaginé…

Les études de marché que nous produisons font l’objet d’une méthodologie éprouvée, elles sont aujourd’hui utilisées par un agenceur national pour leur pré-projet d’officine. Il faut savoir « perdre » un peu de temps en amont de son investissement pour préciser la bonne volumétrie de celui-ci. En effet, un transfert, un ré-agencement, un regroupement recèle parfois un potentiel inexploité…

 

 

Edito Newsletter N°51 – Antoine Garnier

Depuis quelques temps déjà nous commentons les grandes tendances démographiques en étudiant de près les publications que l’ordre partage avec nous chaque année. Malgré une volonté claire de rester positif et de ne pas alarmer la profession, la lecture que nous avons aujourd’hui des chiffres n’est pas aussi optimiste que celle offerte par l’Ordre. En effet, derrière un nombre d’inscrits en légère hausse (+1,6%) se cachent plusieurs tendances de fond qui doivent faire réfléchir…

  • La tranche d’âge la plus représentée est désormais supérieure à 58 ans toute section confondue, les titulaires qui atteignent l’age de 65 ans seront triplés entre 2016 et 2020,
  • Le taux de non-inscription atteint des sommets (37,6% en 2017 soit plus d’un diplômé sur 3),
  • L’officine n’attire plus au détriment d’autres sections (industrie notamment),
  • La féminisation de la profession dans l’officine implique également une féminisation des titulaires avec de nouveaux modes de travail compatibles avec la vie de famille, marginalisant les petites structures ou les structures sans adjoint.

Dans ce contexte, le challenge des années à venir semble considérable, car au-delà de la démographie, une partie du réseau semble obsolète du fait d’outils vieillissants ou d’investissements non-réalisés  : il faudra donc renouveler le capitaine mais également le bateau ! PHAREXCEL a fait de la gestion de projet officinaux son cheval de bataille en investissant sur les outils d’aide à la décision pour mieux préparer le futur.

Dans cette 51ème newsletter, nous commenterons en détail les statistiques démographiques de l’ordre et nous reparlerons de la décision d’investir pour réaménager son officine. Nous présenterons également une nouveau service de radio « Pharma Radio » avec Cédric Lefort, son concepteur. Bonne lecture et bonnes vacances !

Le profil type du pharmacien

Retour sur l’étude démographique de l’ONP de janvier 2018

DE FAÇON GÉNÉRALE

  • Profession plutôt féminine
  • 68 % des nouveaux inscrits ont fait le choix d’exercer dans la région où ils ont achevé leurs études

SECTION A

  • 55 % des titulaires sont des femmes
  • La population chez les titulaires se maintient (-1,1%)
  • La moyenne d’âge des titulaires est de 50,2 ans
  • 250 transferts en 2017
  • La part des pharmaciens titulaires de 55 ans et plus a été multipliée par 1,5 en 10 ans.
  • 1,25 titulaire par officine
  • 3 068 c’est le nombre d’habitants moyen par officine

SECTION D

  • 81 % des adjoints sont des femmes
  • La population chez les adjoints se maintient (+0,8%)
  • La moyenne d’âge des adjoints est de 43,8 ans
  • La répartition des adjoints d’officine de plus de 55 ans est inégale, ont en retrouve d’avantage en proximité d’océan et en région parisienne
  • 1,3 adjoint par officine
  • 60 % des adjoints exercent à temps plein
  • 76 % des officines n’ont qu’un seul titulaire, une constante depuis une dizaine d’années

EN SYNTHÈSE

  •  Le nombre de titulaires ainsi que d’adjoints se maintient, avec respectivement -1,1% et +0,8%, par rapport à l’année passé. L’activité se veut nettement plus féminine, en effet les femmes représentent 55 % des titulaires et 81 % des adjoints en pharmacie.
  • La moyenne d’âge est plus élevée chez les titulaires, 50,2 ans contre 43,8 ans chez les adjoints. Une population vieillissante, car la part des pharmaciens titulaires de plus de 55 ans a été multipliée par 1,5 en dix ans.
  • Les titulaires exerçant seuls représentent 76 % un chiffre régulier depuis une dizaine d’années. À noter quand moyenne, on retrouve 1,25 titulaire et 1,3 adjoint par officines.
  • Une majorité (68 %) des nouveaux inscrits choisissent de travailler dans la région où ils ont achevé leurs études.
  • Enfin, en moyenne, en France, une pharmacie couvre 3 068 habitants.

Comment digitaliser sa pharmacie ?

Digitaliser sa pharmacie, ne veut pas dire remplacer le pharmacien, mais venir en complément de celui-ci. Ci-dessous, plusieurs solutions à adapter selon son officine (urbaine ou rurale, de centre commercial ou en village) toute n’ayant pas les mêmes besoins.

  • Écran de communication : composé d’images publicitaire ou informative, cela suscite l’achat d’impulsion
  • Borne digitale : outil interactif, qui peut permettre au client de passer commande avant de récupérer les produits au comptoir ou encore de servir de support d’aide à la vente
  • Site internet : l’e-commerce permet de toucher une nouvelle clientèle
  • Click and collet : acheter en ligne et récupérer dans l’officine, ou comment allier digital et physique et générer du flux
  • Réseaux sociaux : créer du lien avec les patients, permet de diffuser l’information autrement
  • Application : développer le m-commerce et ainsi accroître le relationnel, donne une image du digitale plutôt forte

Outil qui fait également partie de la digitalisation : les objectés connectés sont de plus en plus répandu, comme les : tensiomètres, les podomètres, les balances connectée, les thermomètres connectés, etc.

Le tout est ensuite de convaincre l’équipe à s’approprier les différents outils digitaux. Les patients ont confiance dans les pharmaciens, c’est à ces derniers de donner l’impulsion et d’inciter le client à utiliser les outils pour une officine qui allient digital sans soucis.

 Sources :

https://pharmagest.com/digitalisation-facteurs-succes-officine/

https://pharmagest.com/10-solutions-pour-digitaliser-sa-pharmacie/

 

Recherchons candidats à l’installation pour…

• 33 : CA 1,25M€ HT : dynamique très positive pour cette officine qui profite de la restructuration du paysage médical et concurrentiel. Proximité Bordeaux. Apport nécessaire 150k€.

• 61 : CA 1,5M€ HT : très belle officine rurale apport 100k€ mini, belle rentabilité, ZRR.

•87 : CA 1,45M€ HT : beau levier de progression avec transfert pour cette pharmacie rurale en ZRR. Apport personnel nécessaire 100k€.

• 29 : CA 1,8M€ HT : idéal primo accédant 150k€ mini avec investisseur et groupement possible.

• 82 : CA 1,9M€ HT : PV < 65% CA, belle opportunité pour primo-accédant avec 100k€ mini (investisseur possible). Possibilité achat des murs.

• 86 : CA 2,3M€ HT : Officine rurale ZRR avec levier de développement sur nouvelle structure. Apport personnel nécessaire 200k€ minimum.

• 31 : CA 3,5M€ HT : beau dossier dans zone avec potentiel 400k€ apport personnel nécessaire. Possibilité achat des murs.

• Secteur Côtier Atlantique : CA 3,5M€ HT, belle officine de ville avec rentabilité forte, potentiel de développement restant, coup de foudre assuré et qualité de vie : 500k€ d’apport personnel nécessaire.

• OUEST : CA 4,5M€ HT Pharmacie leader sur centre commercial. Apport nécessaire 700k – 800k€.

 

 

INTERVIEW : Laure-Emmanuelle Foreau-Coffin, Praxipharm

Bien accompagner ses équipes lors d’une cession : une des clés de la réussite !

Laure-Emmanuelle Foreau-Coffin, diplômée ESC et de culture officinale, est spécialisée dans l’accompagnement et le coaching professionnel des pharmaciens chez Praxipharm.
Depuis près de 12 ans Praxipharm accompagne l’évolution des officines et le développement de leur potentiel humain.

Dans quelles circonstances les pharmaciens vous sollicitent-ils ?
Les pharmaciens nous sollicitent pour des projets variés tels que :
• Des projets de formations, catalogue ou « à la carte », visant le développement des compétences
• L’accompagnement personnalisé face à une problématique personnelle (CA en panne, recherche de relais de croissance, motivation des équipes, travaux)
• Le suivi et accompagnement, Coaching professionnel et motivation d’équipe
• Le besoin d’outils pragmatiques et de solutions concrètes

Comment répondez-vous à ces demandes ?
Nous veillons à ce que nos interventions soient « efficaces », en apportant des solutions concrètes, pratiques et utiles, et nous sommes reconnus pour ça.
Notre professionnalisme, et l’apport d’un nouveau regard sont des commentaires qui reviennent également souvent dans les fiches d’évaluations de nos prestations.
Au-delà des attentes, c’est d’abord la recherche du besoin réel qui occupe toute mon attention : questionner, écouter, faire preuve d’empathie, et surtout détecter les besoins sous-jacents, souvent méconnus du titulaire lorsqu’il me contacte. Récemment encore, un pharmacien m’a contactée car il avait besoin d’un coach pour accompagner son équipe. Or après discussion, nous en avons conclu que finalement c’est lui qui avait besoin d’un coach professionnel…

Quel accompagnement proposez-vous ensuite ?
L’accompagnement se fait à plusieurs niveaux, et surtout en fonction des besoins. Les solutions sont donc « à la carte » et « sur-mesure ». Il peut s’agir d’un apport d’outils, ou d’un accompagnement de l’équipe ou du titulaire à la mise en place des solutions adoptées. En tant que coache professionnelle certifiée, cela me permet de travailler le volet savoir-être et comportement.

Quels conseils pourriez-vous donner à un pharmacien qui va s’installer ?
Il faut se laisser un temps d’observation avant de tout changer, puis être à l’écoute ! Pas facile quand on a prévu de changer l’informatique, les horaires de travail, voire de se séparer d’un ou plusieurs collaborateurs… et en même temps, ce temps est absolument nécessaire pour valider le projet d’installation.

Proposition PHAREXCEL

En partenariat avec Praxipharm, PHAREXCEL propose au pharmacien primo-accédant une séance de coaching personnalisée gratuite pour faire le point en vue d’amorcer la transition de management de l’équipe en place.
Nous contacter pour plus de renseignement : contact@phar-excel.fr.

Pour plus d’informations sur Praxipharm : http://www.praxipharm.fr

Élargissement du rôle du pharmacien : les français favorables !

En France, près de 60 % de la population consulte leur pharmacien avant d’aller voir leur médecin traitant. Un réflexe surtout pour les jeunes et les femmes mais beaucoup moins courant chez les plus de 65 ans.

Les personnes souffrant d’une affection de longue durée, sont particulièrement nombreuses à estimer que les titulaires d’officine peuvent occuper une place plus importante dans leur prise en charge au quotidien.
Parmi les actions concrètes, on note, les bilans de médication citée à 75 %, un chiffre important, de plus 70 % des français sont pour la prescription par les pharmaciens.

Les principaux intéressés, sont d’ailleurs favorable à un élargissement de leur rôle. En effet, ils sont 96 % à être pour un suivi sanitaire des malades.

En revanche, il existe un point de désaccord : la délivrance des médicaments à l’unité. Les patients y voient un moyen de limiter le gaspillage, tandis que les pharmaciens l’assimilent à une augmentation de la charge de travail.

Sources :
https://www.lelynx.fr/mutuellesante/medecine/organisme/portrait/pharmacien/elargissement-role-pharmacien/
http://www.e-sante.fr/pour-leurs-soins-les-francais-veulent-impliquer-plus-le-pharmacien/breve/615521
https://m.20minutes.fr/amp/a/2231863?__twitter_impression=true

 

RETOUR SUR PHARMAGORAPLUS 2018

Un salon en pleine évolution, qui reste un incontournable du secteur

 

PharmagoraPlus se veut depuis longtemps l’événement incontournable de la pharmacie en France avec 330 exposants et plus de 11 000 participants sur les 2 jours.

Revenons sur l’édition 2018 à travers les témoignages de professionnels de la pharmacie, visiteurs ou exposants : pharmacien, média, et cabinet de conseil.

 

Entretenir sa relation partenaires et prospecter de nouveaux clients : les principales attentes des professionnels de la pharmacie vis-à-vis de PharmagoraPlus

Le salon PharmagoraPlus est vu comme l’occasion de revoir ou de rencontrer les nombreux professionnels de l’écosystème de la pharmacie : experts comptables, transactionnaires, formateurs, agenceurs, mais aussi les groupements de pharmaciens ou encore la presse professionnelle spécialisée.

C’est donc l’occasion de revoir ses clients, et d’entretenir la relation, mais aussi de faire de nouveaux contacts et de prospecter de nouveaux clients.

C’est également l’endroit où l’on peut voir ou revoir ses pairs ou partenaires afin d’échanger et de partager, par exemple avec des pharmaciens titulaires d’autres secteurs.

En tant qu’exposant, le salon est bien sûr l’occasion de développer sa notoriété en tant qu’acteur professionnel de la pharmacie, que ce soit en tant qu’agenceur, groupement ou encore média.

Enfin, avec un panel de 100 conférences, débats et tables rondes animées par plus de 200 experts, le salon est l’occasion de se former et s’informer sur des grands thèmes consacrés à la profession, à la gestion, aux aires thérapeutiques, ou encore aux nouvelles technologies et à l’innovation. Le salon permet de trouver de nouveaux produits et concepts innovants.

 

Une fréquentation difficile à évaluer

Si les professionnels interrogés ont des difficultés à évaluer la fréquentation de cette 33 édition du salon, la tendance serait jugée à la baisse, notamment impactée par la grève de la SNCF.

 

Des visiteurs internationaux de plus en plus nombreux

Si la majorité du public est toujours constituée de pharmaciens titulaires, on note une augmentation significative d’acteurs étrangers et notamment anglo-saxons.

 

Un salon qui s’internationalise

Avec toute une partie du salon dédiée à l’export, et des acteurs anglo-saxons de plus en plus nombreux, on note une orientation internationale de PharmagoraPlus depuis quelques années. La reprise du salon par le groupe anglo-saxon CloserStill Media en 2015 y serait-il pour quelque chose ?

La présence de nombreuses start-ups et des sujets sur la e-santé sont également à noter.

Enfin, le salon est grandement axé sur les laboratoires, lui donnant une forte tonalité produits et donc « commerçante » ; au détriment de sujets autour du métier de pharmacien et de sa mutation en cours ?

 

PharmagoraPlus : un salon qui reste un incontournable du secteur

Le nombre d’exposants et les moyens financiers déployés en font toujours le salon le plus important de la pharmacie. Les autres salons sont davantage à l’initiative de syndicats et de groupements, orientés sur des sujets plus techniques.

De par les exposants présents et les sujets traités, PharmagoraPlus est davantage vu comme un salon pour des pharmaciens déjà titulaires que pour des pharmaciens en recherche d’installation.

 

Nos sincères remerciements pour leur retour d’expériences à : Mr Jean-Benoît Claudel (Le Moniteur) – exposant, Mr Christophe Valtaud (PHAREXCEL) – visiteur, et Mr Pierre Nahan (Assistant pharmacien) – visiteur.

NOUVELLE ORDONNANCE RELATIVE AUX TRANSFERTS D’OFFICINES

Plus de liberté donnée aux ARS (Agences Régionales de Santé), pour davantage de souplesse, et un maillage officinal plus homogène.

 La nouvelle ordonnance parue le 3 janvier dernier vise à faciliter les conditions de transferts, regroupements et de cessions d’officines.

1. L’éclairage de Maître Anne-Lise DE COUTURES, Avocat en droit des affaires et des sociétés au Barreau de Brest

Les principaux changements

-La disposition fondamentale de cette ordonnance est la suppression de l’interdiction avant un délai de 5 ans de cession ou regroupement suite à un premier regroupement ou transfert.

En effet, la nouvelle rédaction du code de la santé publique est de nature à rassurer la mobilité économique du monde officinal.

Songez à ces situations de centre-ville. On ne peut restructurer toute une rue en même temps. Deux pharmaciens titulaires peuvent prendre l’initiative de se regrouper. S’ils sont bloqués pendant 5 ans, ils ne pourront bénéficier de futures opérations de cession ou regroupement. Ce délai de 5 ans engendrait une véritable paralysie du mouvement économique officinal.

Désormais, il sera possible pour ces pharmaciens « initiateurs » de la restructuration d’une rue, de participer aux opérations ultérieures.

Cette nouvelle mesure devrait encourager les pharmaciens encore hésitants à se regrouper.

-Par ailleurs, le délai pour effectuer une opération de regroupement/transfert passe de un an à deux ans à l’issue de la notification de l’autorisation délivré par l’ARS.

Le pharmacien pourra ainsi appréhender cette restructuration de manière plus sereine, ses opérations s’accompagnant généralement des travaux dont la maitrise calendaire est parfois aléatoire.

Pour l’instruction du dossier, les règles de priorité sont modifiées. Désormais, pour l’ouverture d’une officine dans une nouvelle commune, la priorité est donnée aux demandes des communes voisines afin de privilégier le réseau officinal existant.

Les autres règles restent inchangées.

A noter que le Directeur Général de l’ARS ne peut plus décider d’une distance minimale entre les deux officines.

Des dispositions particulières applicables à certains territoires

La possibilité de transférer ou se regrouper au sein d’un aéroport : l’autorisation sera prise sur l’évaluation du nombre annuel de passagers de l’aéroport qui devra être supérieur à 3 000 000.

Egalement, le directeur de l’ARS pourra également déroger au seuil de 2500 habitants nécessaires pour effectuer un transfert ou un regroupement d’officines (article L 5125-6-1 CSP)

Dans les communes de moins de 2 000 habitants, sous réserves de certaines conditions propres aux territoires et aux communes limitrophes, une officine pourra être transférée ou regroupée.

-Plus technique, l’abandon de la condition de population résidente dans certaines situations

On le sait, le regroupement ou le transfert d’officines doit satisfaire aux trois conditions suivantes (article L.5125-3du CSP) :

  • Il doit répondre de façon optimale aux besoins en médicaments de la population résidant dans les quartiers d’accueil,
  • Il ne doit pas avoir pour effet de compromettre l’approvisionnement nécessaire en médicaments de la population résidente de la commune ou du quartier d’origine,
  • Il doit être effectué dans un lieu qui garantit un accès permanent du public à la pharmacie et permet à celle-ci d’assurer un service de garde ou d’urgence.

La notion de « population résidente » ne sera plus requise dans certaines situations :

  • Sur décision de Directeur Général de l’ARS, il sera possible de transférer ou d’effectuer un regroupement auprès d’une maison de santé, d’un centre de santé ou d’un centre commercial en dépit d’une population résidente.

En d’autres termes, le transfert ou le regroupement pourra approvisionner une clientèle de passage (c’est en corrélation avec la possibilité des transferts ou regroupements dans les aéroports).

  • Lorsque le transfert d’une officine ou le regroupement de deux officines s’opère dans le même quartier.

Ces nouvelles dispositions seront applicables le lendemain de la publication au Journal Officiel au plus tard le 1er août 2018. Les décrets d’application viendront apporter quelques précisions comme « approvisionnement en médicaments insatisfaisante ».

Les dossiers adressés aux ARS et dont la complétude aura été constatée avant le 1er août 2018 resteront soumis à l’ancienne réglementation.

On peut en déduire que les dossiers adressés aux ARS et dont la complétude aura été constatée après le 1er août 2018 seront soumis à la nouvelle disposition.

Globalement l’ordonnance répond à toutes les attentes. Cependant, notons que le regroupement de deux officines doit toujours s’effectuer que dans l’une des deux officines. Les deux points de vente ne peuvent subsister comme le recommandait le rapport de l’IGAS (Inspection Générale des Affaires Sociales) en octobre 2016. Ce qui peut se comprendre, le regroupement vise en premier lieu à opérer des économies d’échelle. Cependant, les titulaires ont une appréhension sur la captation de la clientèle « abandonnée » et son comportement suite à la fermeture d’un des deux points de vente où les habitudes sont parfois très ancrées. Dans une opération de regroupement, au regard de la clientèle, 1+1 ne font pas forcément 2.

 

2.Quelques cas pratiques pour mieux comprendre

Ces exemples de cas de transferts ont été refusés en 2017. Le seraient-ils en 2018 avec la nouvelle ordonnance ?

Balaruc-le-Vieux (34)

En 2011 la demande de renouvellement de transfert de l’officine de Monsieur Chauvin a été refusée. Le motif : le village de Balaruc-le-Vieux, situé à 47km de son officine, a beau ne posséder aucune pharmacie, il ne compte que 2100 habitants alors que le seuil requis est de 2500 habitants.

Avec la nouvelle ordonnance de 2018, l’ARS définira la liste des communes avoisinantes sans officines afin d’arriver au seuil du nombre d’habitants prévu. Balaruc-le-Vieux comptant plus de 2000 habitants, le transfert pourrait alors être autorisé.

Doubs (25)

La pharmacie des 2 associés est devenue trop petite pour répondre à la demande de la population grandissante et aux normes d’accessibilité. La demande de transfert s’inscrit dans un projet d’aménagement sur la zone commerciale de la commune, avec la création d’un pôle médical situé à seulement 900 mètres de l’actuelle officine, et près de la future Maison des âges. Ce transfert a été refusé en 2015 pour motif de décentrage de l’offre médicale dans la commune.

Pour ce type de territoires, l’ordonnance de 2018 pourrait autoriser ce transfert favorisant les installations près d’un centre de santé ; ce transfert se faisant par ailleurs au sein de la même commune.

Cozes (17)

En 2016, l’ARS a refusé le transfert d’une des pharmacies de Cozes vers Semussac car le seuil de 2500 habitants n’était pas atteint. Avec l’ordonnance de 2018, le projet de transfert pourrait être autorisé au motif que Semussac possède 2000 résidents et la commune voisine Corme-Écluse en possède, elle, plus de 500, permettant ainsi d’atteindre le seuil requis.

 

3. L’expertise Pharexcel en la matière

Pharexcel a développé des outils d’analyse géostratégique qui permettent de situer, visualiser, comptabiliser les paramètres environnementaux de l’exploitation. Ceux-ci mêmes qui convaincre les ARS du bienfondé ou de la pertinence d’un transfert.

Il est parfois difficile de justifier d’une implantation. Nous utilisons à la fois la géolocalisation de la clientèle existante, son barycentre (situation pondérée sur une carte de la clientèle) que nous comparons à la clientèle naturelle du quartier ou de la zone desservie.

Nous démontrons à travers le comptage statistique des populations résidentes que les seuils requis sont atteints. Nos outils utilisent à la fois la donnée Insee la plus fine (données carroyées à 200 mètres) mais également celle des quartiers iris ou « quartier naturel ». La notion de quartier n’étant pas défini clairement dans l’Ordonnance de janvier 2018.

Nous évaluons également la nuisance par rapport aux autres officines présente sur la zone de chalandise et démontrons l’amélioration de service sur le secteur étudié.

Notre expérience dans la rédaction des dossiers de transfert depuis plus de 20 ans, nous a permis de construire une réelle compétence.